5 • La nature et nous : l’humilité forcée de l’humain face aux prouesses du reste du monde vivant avec Drôle de Biologiste

5 • La nature et nous : l’humilité forcée de l’humain face aux prouesses du reste du monde vivant avec Drôle de Biologiste

Les humains ne manquent-ils pas d’humilité ?

Dans cet épisode, je reçois ma première invitée, Anaïs - alias Drôle de Biologiste - vulgarisatrice scientifique sur les réseaux. Et nous vous convions à une rencontre en deux temps : d’abord, un regard philosophique et scientifique sur le positionnement de l’humain à l’égard du monde vivant, puis, le parcours singulier d’Anaïs, montrant les innombrables possibilités de nos vies d’humain.

Vous entendrez parler de :

Monde vivant Spécisme Réseau mycorhizien Ophrys abeille Xylaire polymorphe Termites Abeilles Fourmis Tardigrade Lynx boréal Reproduction Comparaison Compétition Inuits Yanomami Animisme Shintô Kami Biologie pour débutants Biodiversité Zoologie Vulgarisation Sciences dures Médiation scientifique Parcours de vie atypique Potentiel humain Sciences naturelles La nature et nous Nature et humanité Beauté du vivant Comprendre la nature Plantes et animaux

💭 À écouter si vous aimez les animaux, les plantes, le respect du monde vivant

Chapitres :

00:00 Générique - Introduction - Présentation d’Anaïs

08:35 Partie 1 : La place de l'humain dans le vivant - Sujet de fond

18:08 Les prouesses des autres formes de vie

22:14 Parenthèse sur la peur de la mort d'Anaïs

25:00 (suite) Les prouesses des autres formes de vie

30:06 La reproduction, moins systématique chez l'humain

31:41 Une frontière ténue entre comparaison et compétition

38:06 D'autres cultures humaines plus considérantes vis-à-vis du vivant

42:47 "Si tu étais…”

46:28 L'animal préféré d'Anaïs

51:23 Partie 2 : A propos des infinies possibilités de notre vie d'humain - Sujet de forme

52:19 Parcours d'Anaïs

58:51 Ses mentors ?

01:04:22 Ce qui la passionne le plus dans son approche (et ce qu'elle aime moins)

01:13:20 Son conseil pour ceux qui veulent se créer une vie sur-mesure

01:14:56 En quoi trouve-t-elle notre existence "phénoménale" ?

01:19:45 Ce qu'Anaïs propose et vend

01:23:29 Conclusion et fin

🔗 Liens et références citées :

• Dr Nozman

• Ophrys abeille (Ophrys apifera)

• Xylaire polymorphe (Xylaria polymorpha)

• Tardigrade (Tardigrada)

• Documentaire “Lynx” de Laurent Geslin https://www.lynxlefilm.ch/

• Suivre Anaïs sur les réseaux : https://linktr.ee/drole_de_biologiste

• Commander le livre d’Anaïs : https://dashbook.fr/project/les-chroniques-merveilleuses-du-vivant

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🎧 Episodes en lien :

  • [VOYAGES SONORES] n°1 à 9 : Du Big Bang à l’apparition d’Homo sapiens

  • 1 • Notre vie tient à un enchaînement de coïncidences - Le miracle de la Vie humaine

  • 2 • Tu es fait de poussières d'étoiles, mais tu vis grâce aux plantes... et aux bactéries

  • 4 • Croire, un réflexe humain ? La croyance au coeur de l'existence humaine

Transcription de l'épisode

[Conférencier 1]

La vie est un phénomène unique en son genre. C'est même la seule expérience que vous connaîtrez alors. Autant la rendre grandiose. Je suis Margot, âme multipassionnée, fascinée par la beauté du vivant et les mystères de l'existence.

[Conférencier 1]

Phénoménale existence est autant un plaidoyer qu'une exploration de ce qui fait notre particularité, ici, au milieu de l'univers.

Mais aussi une invitation à apprendre de la hauteur, à regarder différemment, à questionner l'évidence.

[Conférencier 1]

Âmes sensibles et multiples, ne vous abstenez pas. Ce podcast est pour vous, ainsi que pour les personnes curieuses du monde et d'elles-mêmes. Émerveillées par la nature, en quête de beauté, de sens et d'humanité.

[Conférencier 1]

Ici, on tisse des liens entre science, nature, création, santé, philosophie, sensorialité, épanouissement. C'est une manière pour moi d'honorer tout ce qui m'anime.

[Conférencier 1]

Et d'en partager la richesse. À travers des voyages sonores immersifs, des récits personnels, des rencontres inspirantes et des réflexions guidées par l'émerveillement.

[Conférencier 1]

Je vous propose d'explorer ce qui rend notre existence si phénoménale et comment en exploiter tout le potentiel. Prêt à embarquer pour un voyage transformateur ?

[Conférencier 1]

Bienvenue dans Phénoménale existence.

[Conférencier 2]

Bonjour à tous. Alors, comme vous le constatez, ma voix est un petit peu éraillée.

[Conférencier 2]

Ça rime.

[Conférencier 1]

Mais étant donné que mon invitée a un emploi du temps de ministre, même si elle n'en a pas le salaire, pourtant elle le mériterait. Eh bien, je n'ai pas tenu à décaler cette interview.

[Conférencier 1]

Voilà, j'espère que ça vous ira au niveau des oreilles. Mais en tout cas, ça promet d'être un super moment.

[Conférencier 1]

Donc, autant démarrer tout de suite. Dans cet épisode, je reçois ma première invitée, Anaïs Lamotte, alias drôle de biologiste.

[Conférencier 1]

Et je vous convie à une rencontre en deux temps. D'abord, on va adopter un regard philosophique.

[Conférencier 1]

Et scientifique sur le positionnement de l'humain à l'égard du reste du vivant. Puis, dans un second temps, on plongera dans le parcours singulier de mon invitée.

[Conférencier 1]

Sans forcément le chercher, je me tourne vers et suis attirée par des personnes qui ont créé leur propre parcours, leur propre voix. Peut-être parce que je suis un petit peu aussi comme ça.

[Conférencier 1]

Des personnes qui défendent un message fort et qui exercent avec passion. Souvent, le format de leur exercice est à l'image de leur travail lui-même.

[Conférencier 1]

Métissé, évolutif, unique. Ce sont donc des interviews à double lecture.

[Conférencier 1]

Ce sont des lectures que je propose pour retirer des enseignements autant du fond que de la forme. Et montrer à quel point nos vies d'humains sont dotées d'infinies potentialités qu'il nous revient à chacun d'activer.

[Conférencier 1]

Bonjour Anaïs.

[Conférencier 2]

Bonjour Margot.

[Conférencier 1]

Si tu devais résumer en quelques phrases qui tu es et ce que tu fais.

[Conférencier 2]

Alors, moi c'est Anaïs, Anaïs Lamotte. Et effectivement, on me connaît plus sous le nom de drôle de biologiste.

[Conférencier 2]

Actuellement, je fais de la médiation scientifique.

Donc, au travers de chroniques, de vidéos, de mon livre aussi.

[Conférencier 2]

Où j'essaie principalement de transmettre les sciences avec poésie, légèreté et surtout curiosité. Ça, c'est vraiment le mot que j'emploie à chaque fois.

[Conférencier 2]

Curiosité et aussi émerveillement. On m'entendra sûrement plusieurs fois dans le podcast.

[Conférencier 2]

Et voilà, le but c'est vraiment de redonner de l'émerveillement face aux vivants. Et de sensibiliser le plus au monde.

[Conférencier 2]

Également, un petit peu de démystifier les sciences qu'on dit dures aussi par rapport à la biologie. Et montrer qu'il y a vraiment...

[Conférencier 2]

Tout plein de champs autour de la biologie. Et que c'est beaucoup moins compliqué qu'on ne l'imagine et surtout très fascinant.

[Conférencier 1]

Oui, en effet, merci beaucoup. Émerveillement, curiosité, ce sont vraiment des mots-clés très importants à notre époque, je crois.

[Conférencier 1]

Peut-être qu'on a perdu de vue, mais qui tendent à revenir justement grâce à des individus comme toi qui vulgarisent sur les réseaux. Et le pendant positif des réseaux sociaux, c'est que justement, on peut s'adresser à un grand nombre de voix, personnes.

[Conférencier 1]

Donc, merci pour ça.

Je parle pour eux, mais je pense que tu es appréciée par bon nombre de gens à en voir le nombre de followers que tu as sur les réseaux.

[Conférencier 1]

Donc, avant d'entrer dans le vif du sujet, est-ce que tu pourrais me citer un déclic existentiel que tu aurais eu à l'issue d'une rencontre ou d'une expérience ou d'un apprentissage ? Et qui t'a fascinée au point de contribuer à ta trajectoire actuelle ?

[Conférencier 2]

Eh bien, tu vois, j'ai essayé de me poser la question longuement par rapport à ça. Un déclic existentiel.

[Conférencier 2]

Et en fait, je dirais que c'est plus quelque chose qui s'est vraiment tissé sur le long terme. Parce que ça a vraiment été au cours de ma licence.

[Conférencier 2]

Donc, en biologie, bien que j'ai grandi finalement en pleine campagne, depuis mon plus jeune âge, donc à proximité de la nature, ma passion, elle s'est vraiment affirmée que plus tard.

[Conférencier 2]

En fait, au début de mes années d'études, ça ne fait pas si longtemps que ça quand on regarde, bien que j'avais toujours un intérêt quand même pour les animaux.

[Conférencier 2]

Là-dessus, ça a toujours gagné mon cœur, mais c'est vrai que ça s'est affirmé plus tard.

Et en fait, je pense que le déclic s'est vraiment fait dans l'apprentissage.

[Conférencier 2]

Plus j'apprenais, en fait, des anecdotes fascinantes et plus je réalisais la complexité du vivant. C'est parfois, il y a toutes ces anecdotes insoupçonnées où on se rend vraiment compte que c'est des choses qui nous dépassent, en fait.

[Conférencier 2]

Et en fait, à ce moment-là, je me suis vraiment découverte fascinée et perméable à tout ce qui nous entourait. Donc forcément, peu à peu, l'évidence s'est imposée.

[Conférencier 2]

Je voulais retransmettre ce que j'apprenais pour essayer de donner la chance. Je donne la chance aussi à celles et ceux qui n'avaient pas forcément l'occasion de pouvoir apprendre.

[Conférencier 2]

Et toutes ces merveilles qui nous échappent, je pense que c'est simplement aussi la faute d'y poser parfois un regard qui n'est pas toujours suffisamment curieux. Donc je pense que le déclic s'est vraiment fait par l'apprentissage de toutes ces choses-là.

[Conférencier 2]

Et c'est ce que j'essaie de provoquer comme déclic aussi chez les gens et qui, j'espère, transmettent ce message-là. Oui, c'est surtout ça.

[Conférencier 1]

Oui, oui, complètement. En fait, ce que tu dis, c'est qu'on a beau poser...

[Conférencier 1]

Notre regard sur des choses au quotidien, même en habitant la campagne, ce n'est qu'en creusant.

Donc toi, ça a été ton cas quand tu as fait tes études, que tu te rends compte de la complexité et de ce qu'on ne voit pas à l'œil nu ou difficilement, en tout cas, qu'il faut se rapprocher ou qu'il faut vraiment questionner.

[Conférencier 1]

Et c'est ça qui est beau, justement, dans cette approche-là de l'étude du vivant, des sciences du vivant.

[Conférencier 2]

Oui, oui, complètement. C'est un parcours...

[Conférencier 2]

Enfin, on en reparlera plus tard, mais ce n'était pas forcément...

Dans cette optique-là que je m'orientais dans ces études.

[Conférencier 2]

Et en fait, voir qu'il y a une multitude de choses qu'on ignore ou alors on ne s'attend pas à cette complexité. Et le comprendre, c'est aussi...

[Conférencier 2]

On va en reparler, mais c'est vrai que cette notion d'humilité est vraiment très importante quand on se rend compte de la complexité à laquelle on peut faire face quand on étudie la plus petite espèce du vivant à la plus grande. C'est incroyable.

[Conférencier 1]

Et encore, comme tu dis, il y a des choses qu'on ignore encore en 2025 et qu'on ignorera peut-être pour l'éternité.

[Conférencier 2]

Ah oui, il y a des choses infinies de découvertes, c'est sûr.

[Conférencier 1]

C'est dingue. Bon, tiens, c'est marrant.

[Conférencier 1]

Tu as transitionné vers le sujet du jour. C'est vrai qu'on n'en a pas parlé encore.

[Conférencier 1]

Je ne l'ai pas évoqué. Après, les gens le verront dans le titre, évidemment.

[Conférencier 1]

Donc, j'ai eu l'idée. Je me suis dit, tiens, on va un petit peu se challenger.

[Conférencier 1]

On va essayer d'aborder un sujet que tu n'as pas l'habitude d'aborder forcément dans tes contenus. Parce qu'au final, tes auditeurs ont envie de découvrir d'autres sujets de ta part.

[Conférencier 1]

Ils ne vont pas réécouter des choses que tu as déjà dites, même si c'est intéressant. Donc, je me suis dit, tiens, de quoi on pourrait parler ?

[Conférencier 1]

Qu'ils soient en même temps en lien avec l'objet de mon podcast, qu'ils soient en lien avec ton travail et aussi qu'ils nous permettent d'aborder justement la richesse de ton parcours dans la forme.

[Conférencier 1]

Et je me suis dit, tiens, est-ce qu'on ne pourrait pas parler de l'humilité, de l'humain ou son manque d'humilité ?

[Conférencier 2]

J'adore, j'ai vu le sujet. Vraiment, quand tu m'en as parlé, je me suis dit, effectivement, comme tu le dis,

[Conférencier 2]

ce n'est pas quelque chose que j'ai l'habitude d'évoquer. Et en même temps, ça me parle tellement.

[Conférencier 2]

Il y a matière à faire, il y a matière à pouvoir développer.

[Conférencier 1]

C'est un sujet passionnant. En même temps, j'ai envie de dire que c'est un peu en toile de fond de tes sujets

[Conférencier 1]

parce que tu parles justement des prouesses du vivant, des espèces, que ce soit animales ou végétales.

[Conférencier 2]

Exactement.

[Conférencier 1]

Et finalement, tu n'as peut-être pas osé parler de...

La comparaison avec l'humain.

[Conférencier 1]

Eh bien là, c'est une main tendue pour en parler.

[Conférencier 2]

Voilà, je la prends volontiers.

[Conférencier 1]

Première question, qui part d'un constat. L'humain s'est placé lui-même au sommet de la chaîne, se considérant au-dessus des autres espèces.

[Conférencier 1]

Quels traits, quelles particularités, qu'elles soient physiologiques, cognitives ou comportementales, ont permis à Homo sapiens de s'élever dans la chaîne du vivant ?

[Conférencier 1]

Car on peut quand même reconnaître que certaines de nos capacités sont remarquables et elles nous ont permis d'en arriver là.

[Conférencier 1]

Mais j'aimerais bien que tu me dises quels sont justement ces traits-là.

[Conférencier 2]

Alors, ça c'est sûr, il faut le reconnaître. Nous, humains, Homo sapiens, on a quand même des capacités qui sont fascinantes.

[Conférencier 2]

C'est certain, ne serait-ce que le langage articulé. Toute notre communication, elle est quand même verbale.

[Conférencier 2]

On arrive à se comprendre entre, même finalement, entre nous de façon assez simple, mais surtout même entre...

[Conférencier 2]

D'autres personnes de d'autres pays, avec d'autres langues, etc. On arrive à communiquer avec une complexité qui est quand même assez incroyable, il faut l'admettre.

[Conférencier 2]

Il y a aussi toute cette imagination qui est symbolique. On a quand même une faculté de pouvoir avoir une source d'imagination qui est quand même,

[Conférencier 2]

pareil, encore une fois, assez infinie et assez incroyable. Il y a la coopération à très grande échelle.

[Conférencier 2]

On est quand même une espèce qui peut coopérer.

Et de façon quand même assez remarquable quand on regarde ce qu'on est capable de faire.

[Conférencier 2]

Je pense notamment, ça, plus la culture aussi cumulative, quand on regarde bien, c'est ce qui nous a permis d'écrire des poèmes,

[Conférencier 2]

de partager une mémoire collective, de pouvoir envoyer des sondes sur Mars. Il y a quand même tout ça, ça, on ne peut pas l'enlever.

[Conférencier 2]

Ça, c'est sûr. On a quand même des choses qui font de nous une espèce qui est quand même assez fascinante

[Conférencier 2]

quand on regarde de ce point de vue-là. Je trouve que c'est...

[Conférencier 2]

Voilà.

Parfois, dans mon approche, je vais avoir tendance à mettre sur un pied des salles

[Conférencier 2]

les autres espèces. Mais c'est vrai que l'humain n'est pas non plus en reste, malgré des points qui sont

[Conférencier 2]

parfois un peu négatifs quand même.

[Conférencier 1]

Oui, oui, c'est certain. Et comme tu disais, cette capacité d'abstraction aussi, la pensée complexe, etc.

[Conférencier 2]

Oui, tout à fait.

[Conférencier 1]

Et tiens, ça me fait penser à une petite... Pas une anecdote, mais notre historique finalement d'humain, c'est que j'en parle

[Conférencier 1]

dans mes précédents épisodes, notamment dans mes voyages sonores, où je parle des différentes extinctions de masse qu'il y a eues.

[Conférencier 1]

Et c'est vrai que les mammifères, dont nous faisons partie, qui ont donné naissance plus tard à Homo sapiens, ont survécu...

[Conférencier 1]

Enfin, les ancêtres des mammifères ont survécu à cinq extinctions de masse. Et les mammifères, une fois que, justement, le règne des dinosaures a été renversé,

[Conférencier 1]

ont pu vraiment tirer leur épingle du jeu. Et c'est une succession de hasards.

[Conférencier 1]

Mais aussi, je pense, de capacités qu'avaient ces mammifères à se cacher, à être noctures, en fait qu'on en est arrivés là aussi.

[Conférencier 2]

C'est ça. Il y a toute une série d'adaptations qui a quand même permis de pouvoir établir notre

[Conférencier 2]

espèce maintenant. On est quand même très ingénieux aussi.

[Conférencier 2]

On fait preuve de beaucoup de créativité pour pouvoir aussi s'adapter, modifier notre environnement, et ce, depuis maintenant très, très longtemps.

[Conférencier 2]

Donc, c'est sûr que ça nous a permis d'adapter.

[Conférencier 1]

C'est arrivé là aujourd'hui, ça c'est certain. Bien sûr.

[Conférencier 1]

Mais, il y a un mais évidemment.

[Conférencier 2]

Et il y a un mais.

[Conférencier 1]

On n'aborderait pas ça comme ça. Est-ce que cette élévation signifie pour autant supériorité ?

[Conférencier 1]

Bon, c'est une question rhétorique, on se doute. Après tout, c'est toujours l'humain le seul juge, donc en effet.

[Conférencier 2]

Et oui. Effectivement, cette question, est-ce que ça fait de nous une espèce supérieure ?

[Conférencier 2]

Alors là, pour moi, non. Non, non, non et encore non, ça c'est sûr.

[Conférencier 2]

Ou alors, si on choisit comme critère, parce qu'effectivement, c'est des critères qui nous avantagent

[Conférencier 2]

quand on place cette supériorité. Pour l'admettre, comme tu dis, c'est l'humain qui se décrit

[Conférencier 2]

comme espèce supérieure, plus intelligente, etc. Cette supériorité, elle dépend de notre propre grille de lecture.

[Conférencier 2]

Et en réalité, je pense que si on redéfinit la supériorité comme la capacité à dominer les autres espèces,

[Conférencier 3]

je pense qu'on peut s'accorder pour dire oui.

[Conférencier 2]

Je pense que oui. Et là, dans ces cas-là,

[Conférencier 2]

c'est un critère qui est déjà moralement discutable, écologiquement coûteux,

[Conférencier 2]

et je pense qu'on peut même ne pas s'en vanter à ce point-là. Donc bon, voilà.

[Conférencier 2]

Et puis après, par contre, si on définit l'humain comme une espèce supérieure en termes d'intelligence,

[Conférencier 2]

d'intelligence générale, je pense qu'il serait bon de préciser quel type d'intelligence.

[Conférencier 2]

Parce que quand on regarde dans le règne animal, encore une fois, c'est très subjectif par rapport à ce qu'on a envie de voir.

[Conférencier 2]

Mais quand on voit les capacités d'autres animaux, les capacités cognitives de toutes les espèces,

[Conférencier 2]

ont une forme d'intelligence qui est plus que remarquable et à laquelle on ne peut parfois même pas se confronter.

[Conférencier 2]

Parce que tout simplement, c'est pas parce qu'on domine, entre guillemets,

[Conférencier 2]

maintenant, par rapport au reste des animaux, par, je vais le dire, notre cruauté,

[Conférencier 2]

parfois, c'est la façon dont je vois ça, qu'on fait preuve de supériorité.

[Conférencier 2]

Parce que, non, quand on voit les autres espèces, l'intelligence tactile et distribuée des poulpes, par exemple,

[Conférencier 2]

certains animaux, comme par exemple les saumons, qui arrivent à utiliser le champ magnétique terrestre pour se déplacer,

[Conférencier 2]

les colocations des chauves-souris, des dauphins, la communication en phrase sonore,

[Conférencier 2]

et même toutes les traditions des éléphants. Il y a vraiment une multitude d'exemples

[Conférencier 2]

qui peuvent montrer qu'on n'est pas à la hauteur. Et pour moi, je pense que notre espèce,

[Conférencier 2]

elle a exploré une voie évolutive, comme on dit, celle de la culture, de l'abstraction, de technique.

[Conférencier 2]

Alors, c'est magnifique, oui, mais c'est pas la meilleure. Et c'est certainement pas ce qui fait de nous une espèce,

[Conférencier 1]

une espèce supérieure, ça, c'est sûr. Oui, et finalement, tu le laisses deviner dans tes phrases,

[Conférencier 1]

c'est qu'elle a pris le chemin de la supériorité, mais d'un point de vue, justement,

[Conférencier 1]

condescendant vers le reste du vivant, et aussi pour s'en servir, quoi,

[Conférencier 1]

pour se servir du reste du vivant.

[Conférencier 2]

Ah ben, c'est ça. Quand on regarde bien, on est capable d'utiliser

[Conférencier 2]

les vraies prouesses et l'ingéniosité du vivant pour servir nos propres intérêts,

[Conférencier 2]

mais sans prendre autant en considération la complexité du vivant avoir mis ça en place.

[Conférencier 3]

Par lui-même et sans l'intervention de l'humain.

[Conférencier 2]

Et c'est ça que je trouve fou, c'est que notre intelligence, elle n'est pas meilleure.

[Conférencier 2]

En soi, en fait, tout dépend de la niche et du milieu. Et puis, surtout, le vivant, c'est pas un podium,

[Conférencier 2]

c'est un arbre de stratégie. Et l'intelligence la plus pertinente,

[Conférencier 2]

c'est souvent celle qui est le mieux adaptée et qui s'ajuste le mieux à un contexte.

[Conférencier 2]

Je suis pas sûre qu'on soit toujours très bien placés pour pouvoir dire qu'on adapte notre intelligence au mieux,

[Conférencier 2]

que ce soit dans notre environnement, dans l'équilibre.

[Conférencier 2]

Dans la durabilité. Non, je pense pas qu'on est l'espèce la plus intelligente.

[Conférencier 1]

C'est même le contraire. On souhaite, je dis on parce que je fais partie du règne,

[Conférencier 1]

on souhaite que le reste s'adapte à nous. C'est-à-dire que c'est pas comme les animaux

[Conférencier 1]

qui, justement, s'intègrent dans leur environnement, dans leur paysage et dans leur biotope

[Conférencier 1]

avec une aisance naturelle. Nous, c'est l'inverse.

[Conférencier 1]

C'est-à-dire qu'on veut vraiment mouler le reste à notre image, à notre convenance.

[Conférencier 2]

C'est ça.

[Conférencier 1]

Et au détriment du vivant.

[Conférencier 2]

C'est ça.

Complètement.

[Conférencier 2]

C'est vrai qu'en fait, c'est presque... C'est très intéressant, je trouve, comme mécanique de pensée.

[Conférencier 2]

Parce que, alors, autant... Bon, je me bats tous les 3-4 matins

[Conférencier 2]

pour éviter, justement, qu'on continue à avoir cette vision...

[Conférencier 2]

Voilà, le spécisme, finalement, de se considérer toujours comme à part

[Conférencier 2]

des autres espèces, alors qu'en réalité, on forme un tout.

[Conférencier 2]

Mais c'est vrai qu'au final, je trouve que c'est aussi une mécanique de pensée

[Conférencier 2]

qui est assez déroutante, quand on regarde comment l'humain, en temps d'année d'évolution,

[Conférencier 2]

a réussi à se considérer tellement supérieur qu'il en oublie, en fait,

[Conférencier 2]

le simple fonctionnement, en fait,

[Conférencier 3]

de la nature

[Conférencier 2]

et de tous les liens, en fait, qui nous relient

[Conférencier 2]

dans tout cet équilibre, mais pas grand-chose, en réalité.

[Conférencier 1]

C'est comme s'il avait essayé ou qu'il essayait de s'en affranchir

[Conférencier 1]

pour, je sais pas, pour un peu plus

[Conférencier 2]

montrer encore sa suivante vie,

[Conférencier 1]

alors qu'au final, on ne peut pas s'en affranchir, tout simplement.

[Conférencier 2]

On ne peut pas. Et de toute façon, je pense que ça nous rattrapera tôt ou tard,

[Conférencier 2]

parce que cette course, en fait, alors, il y a tout, ce que je trouve

[Conférencier 2]

assez intéressant, c'est qu'il y a aussi, en fait, c'est assez lié à nos modes de vie

[Conférencier 2]

qui évoluent de plus en plus, où on est de plus en plus déconnectés du vivant

[Conférencier 2]

aussi, donc on n'arrive plus à avoir cette sensibilité, cette connexion

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qu'on pouvait avoir autrefois un petit peu plus naturellement. Maintenant, c'est vrai

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que, voilà, l'expansion urbaine, etc., c'est un sujet qui est vraiment très intéressant,

[Conférencier 2]

parce que quand on regarde, ça a vraiment une influence, ne serait-ce que sur les plus

[Conférencier 2]

jeunes générations à venir, ils ne sont plus du tout sensibilisés, parce que

[Conférencier 2]

quand ils sortent, finalement, c'est encore plus compliqué de croiser du vivant

[Conférencier 2]

autour de chez soi. Ça me fait toujours penser à ce test qui avait été

[Conférencier 2]

fait, où les gens arrivent plus facilement à reconnaître des

[Conférencier 2]

logos de marques que des espèces vivantes qui sont

[Conférencier 2]

autour d'eux, parce qu'il n'y a plus, je pense qu'on évolue

[Conférencier 2]

vers un monde qui tend à être de moins en moins connecté, si ça continue comme ça,

[Conférencier 2]

effectivement.

Et ça n'aidera absolument

[Conférencier 2]

pas le fait de se replacer comme un tout au sein du vivant.

[Conférencier 1]

Bon, je pense qu'on pourrait parler de ça pendant des heures, mais on va quand même poursuivre,

[Conférencier 1]

puisque nous avons une trame.

[Conférencier 2]

Eh oui, il faut qu'on arrête. On n'improvise pas.

[Conférencier 1]

Donc, on poursuit justement en déplaçant le focus sur les

[Conférencier 1]

autres espèces. Donc, en étudiant les autres espèces, comme tu l'as fait

[Conférencier 1]

durant ton parcours, j'imagine que tu as constaté que l'homme, notamment occidental,

[Conférencier 1]

puisque c'est lui, je pense, qui pose le plus de problèmes, s'était pris d'un manque d'humidité.

[Conférencier 1]

En se positionnant comme dominant, ça rejoint ce qu'on vient de dire.

[Conférencier 1]

Y a-t-il une découverte biologique qui a remis l'humain à sa juste place

[Conférencier 1]

pour toi, justement ? Et ensuite, petite nuance,

[Conférencier 1]

est-ce que c'était avec émerveillement ou avec vertige ?

[Conférencier 2]

Alors, déjà, je pense que c'est avec vertige. Je pense. En tout cas, dans mon cas,

[Conférencier 2]

il y a un exemple qui me parle plus par rapport à ce côté

[Conférencier 2]

d'être, on va dire, un petit peu remis à sa place.

[Conférencier 2]

Après, est-ce que ça a vraiment eu un impact

[Conférencier 2]

comme j'aimerais l'imaginer ? Je ne pense pas, mais quand on étudie la biologie,

[Conférencier 2]

il y a souvent un moment où on ressent une sorte de vertige, celui de réaliser

[Conférencier 2]

que l'humain, il n'est pas au sommet du vivant, mais simplement

[Conférencier 2]

une branche parmi d'autres. Et je pense notamment à un exemple

[Conférencier 2]

assez insoupçonné. Moi, ça m'avait beaucoup,

[Conférencier 2]

pas choqué, mais on va dire, ça m'avait beaucoup questionné à l'époque,

[Conférencier 2]

justement, dans mon parcours, d'apprendre cette information-là. En fait,

[Conférencier 2]

on a ce côté insoupçonné autour d'espèces, qui nous démontre une magnifique

[Conférencier 2]

complexité, justement, sans être un animal, sans être un végétal.

[Conférencier 2]

C'est le fonctionnement du réseau mycorhizien. J'ai pensé à ça.

[Conférencier 2]

Donc, c'est un tissu, en fait, invisible, qui court

[Conférencier 2]

sous nos pieds, littéralement sur plusieurs kilomètres, et qui relie les arbres en

[Conférencier 2]

eux, entre eux, avec la colonisation de champignons mycorhiziens.

[Conférencier 2]

Et ça, je trouve que c'est incroyable de voir comment

[Conférencier 2]

le vivant se connecte, mais surtout de voir toute cette

[Conférencier 2]

complexité qu'on pourrait imaginer finalement chez des animaux,

[Conférencier 2]

mais pas forcément chez les champignons. Et en fait,

[Conférencier 2]

toute cette relation sociale qu'on va voir

[Conférencier 2]

entre ces espèces, avec des échanges de nutriments, mais aussi

[Conférencier 2]

les informations chimiques, c'est une véritable toile, en fait, du vivant

[Conférencier 2]

qui dépasse ce qu'on est capable d'imaginer.

[Conférencier 2]

Et ça démontre vraiment que l'intelligence, c'est pas uniquement cérébral

[Conférencier 2]

ou humain, mais ça peut être collectif,

[Conférencier 2]

décentralisé, discret, et en comprenant ça, je pense que c'est

[Conférencier 2]

le meilleur moyen de réaliser à quel point nos propres modes d'organisation

[Conférencier 2]

sont complètement limités et souvent très fragiles en comparaison. Je pense que

[Conférencier 2]

c'est vraiment une leçon d'humilité

[Conférencier 2]

quand même, de voir à quel point le vivant sans cerveau,

[Conférencier 2]

à proprement parler, peut réussir

[Conférencier 3]

à démontrer une telle complexité.

[Conférencier 1]

C'est clair. Et on ne peut rester que sans voix face à, justement, autant de

[Conférencier 1]

différences par rapport à ce qu'on connaît, c'est-à-dire avoir un encéphale

[Conférencier 1]

qui réfléchit, qui crée des connexions

[Conférencier 1]

avec les synapses, et au final, c'est ce qui se passe mais sous terre, et c'est le même

[Conférencier 1]

schéma. Ce sont des fractales

[Conférencier 3]

aussi, quelque part, il y a un réseau et certains parlent même

[Conférencier 3]

du plus vaste réseau, bien plus vaste qu'Internet, quoi, donc c'est

[Conférencier 3]

assez épatant, comme tu dis, et c'est super que tu aies donné

[Conférencier 1]

ça comme exemple, parce qu'en effet, je valide, en effet,

[Conférencier 3]

ça donne du vertige.

[Conférencier 2]

Oui, je pense que c'est plus vertigineux qu'une notion

[Conférencier 2]

d'émerveillement. Tout dépend avec l'œil, forcément.

[Conférencier 2]

Mais je trouve que ça fait réfléchir cette notion où

[Conférencier 2]

des êtres vivants, dépourvus de cerveau et, enfin,

[Conférencier 2]

comme tu dis, qui sont au-delà de nos

[Conférencier 2]

perceptions. Quand on part à la collette aux champignons, on est loin de s'imaginer cette complexité derrière.

[Conférencier 2]

Et pourtant, elle est bien là. Elle est bien là. Je trouve ça incroyable.

[Conférencier 1]

Tout ce qu'on ne voit pas et qu'on découvre au fur et à mesure, face à des gens dévoués

[Conférencier 2]

et passionnés qui dédient leur vie

[Conférencier 1]

à ça, quelque part. C'est très récent la découverte, justement,

[Conférencier 1]

des mycorhizes et du réseau qui relie les radicelles

[Conférencier 1]

des arbres au mycélium des champignons. Ça montre qu'il y a encore

[Conférencier 1]

tellement de chemin à faire.

[Conférencier 2]

C'est certain. J'aimerais être encore là pendant très, très, très longtemps pour voir ce qu'on découvrira.

[Conférencier 2]

Il y a une part de moi qui me dit que je vais en créer une grande partie, mais ce n'est pas grave. Ça me permettra

[Conférencier 3]

d'imaginer tout au long de ma vie ce qu'on pourrait découvrir.

[Conférencier 2]

Je suis sûre qu'on découvrira des merveilles

[Conférencier 3]

comme ça. Mais c'est clair. Justement,

[Conférencier 2]

c'est marrant. Je fais une parenthèse, mais ce que tu viens de dire,

[Conférencier 3]

ça me parle parce que moi, un de mes regrets, c'est de ne pas vivre assez longtemps pour

[Conférencier 3]

ne pas voir ce qui va se passer, justement, au niveau, que ce soit extraterrestre

[Conférencier 3]

ou terrestre ou sous la mer

[Conférencier 3]

aussi, dans les abysses, ce qu'on va découvrir. C'est vraiment quelque chose qui me...

[Conférencier 3]

Oui. Oui, oui.

[Conférencier 2]

Ça me fait penser à ça. Il faut qu'on suive la traite. Il ne faut pas que je papote de trop.

[Conférencier 2]

Mais c'est plus compliqué

[Conférencier 3]

que de teint la perche.

[Conférencier 2]

Mais ça me fait penser à quelque chose parce que,

[Conférencier 2]

tu vois, je fais encore ce travail,

[Conférencier 2]

mais depuis mon plus jeune âge, je suis thanatophobe.

[Conférencier 2]

J'ai peur de la mort, mais alors c'est horrible parce qu'en fait,

[Conférencier 2]

je suis quelqu'un qui me pose énormément de questions toute la journée à longueur de temps

[Conférencier 2]

et en fait, je me dis, mais comment on a pu créer sur Terre une telle complexité

[Conférencier 2]

si après, il y a ce fameux néant ? Et c'est vraiment

[Conférencier 2]

quelque chose qui m'angoisse et j'en m'en viens à me poser des questions. Très jeune, à 6 ans,

[Conférencier 2]

je me suis dit dans ma tête, la réponse, elle est forcément en rétro-pédalant. Il faut que je me souvienne

[Conférencier 2]

du plus lointain souvenir. Ça m'apportera peut-être la réponse

[Conférencier 2]

ou une indication de ce qu'il y a dans ces cas-là après. Donc, c'est toute une mécanique de pensée

[Conférencier 2]

qui m'a longtemps perturbée et encore maintenant. Et en fait, j'essaie

[Conférencier 2]

d'avoir cette humilité du vivant justement, en me disant, chaque

[Conférencier 2]

espèce est là pour un temps donné sur Terre et nous, humains, on n'est pas

[Conférencier 2]

différents. Et donc, je me dis, comme n'importe quelle espèce, donc chat,

[Conférencier 2]

peu importe, le renard du coin, etc., on est là

[Conférencier 2]

avec notre lot d'incertitudes, de hasards et notre vie, elle

[Conférencier 2]

fait son bout de chemin, mais on n'est pas supérieure aux autres. Enfin, dans ma vision des choses,

[Conférencier 3]

on n'est pas supérieure aux autres et on terminera

[Conférencier 2]

comme ça. Et il faut l'accepter parce que ça fait partie de la vie aussi. Et tu vois,

[Conférencier 2]

ça, justement, alors ça, c'est plus un type personnel, mais j'essaie d'avoir cette humilité

[Conférencier 2]

face au vivant parce qu'on a aussi une vision un peu différente, justement,

[Conférencier 2]

sur notre supériorité dans ce chemin de vie. Et donc, justement,

[Conférencier 2]

parfois, je me dis, mince, par contre, j'aimerais pouvoir réussir à vivre beaucoup plus longtemps

[Conférencier 2]

pour pouvoir voir toutes ces découvertes. Je me dis, mince,

[Conférencier 2]

ce sera pas facile, mais bon, c'est vrai que ça serait fascinant.

[Conférencier 3]

Je crois qu'on partage les mêmes questionnements et on pourrait faire

[Conférencier 3]

un autre épisode juste sur ça.

[Conférencier 2]

Oui, mais ça serait un autre sujet.

[Conférencier 3]

Ouais, carrément. Mais oui, je partage complètement

[Conférencier 3]

aussi tes réflexions sur la mort, le néant et

[Conférencier 3]

c'est fascinant. D'ailleurs, c'est vertigineux.

[Conférencier 2]

Oui, ah bah là aussi, c'est vertigineux. C'est vertigineux, ouais.

[Conférencier 3]

On va revenir les pieds sur terre pour pas avoir trop peur du vide.

[Conférencier 3]

Peux-tu nous parler, justement, de quelques espèces ou mécanismes qui

[Conférencier 1]

surpassent totalement nos capacités humaines ?

[Conférencier 2]

Bien sûr, et il y en a. J'ai fait une petite liste de trois points

[Conférencier 2]

seulement pour éviter de partir dans tous les sens. Mais effectivement, quand on s'autorise

[Conférencier 2]

un petit peu de curiosité, l'humilité elle vient d'elle-même parce qu'il y a pas mal

[Conférencier 2]

d'exemples qui sont bouleversants.

Je pense notamment à ces petites

[Conférencier 2]

créatures dont on entend quand même pas mal parler ces dernières années,

[Conférencier 2]

les tardigrades. Alors eux, je pense qu'ils détiennent quand même

[Conférencier 2]

une place assez haute sur le podium en matière

[Conférencier 2]

d'organismes assez incroyables qui sont capables de survivre aux

[Conférencier 2]

vidéos spatiales, au gel, au dessèchement et à des doses de rayonnement

[Conférencier 2]

qui nous anéantirait. Donc là, leçon de résilience quand même assez

[Conférencier 2]

importante. Ensuite, je pensais aux termites. Eux,

[Conférencier 2]

je les considère vraiment comme des architectes du climat parce qu'ils bâtissent des monticules auto-ventilées

[Conférencier 2]

qui stabilisent la température, l'humidité. Et là, c'est une

[Conférencier 2]

vraie leçon d'ingénierie. Et c'est justement un point que je me disais

[Conférencier 2]

par rapport à tout à l'heure, quand l'humain est capable de s'inspirer du vivant,

[Conférencier 2]

quand ça l'arrange, c'est que

[2]

c'est l'essence même du bio-mimétisme.

[Conférencier 2]

Trouver des solutions au sein du vivant pour régler des soucis qu'on peut avoir, nous,

[Conférencier 2]

dans des infrastructures ou des problèmes techniques

[Conférencier 2]

de ce qu'on aimerait mettre en place, etc. Et le bio-mimétisme, s'en est inspiré de cette technique-là.

[Conférencier 2]

Justement, pour imaginer des bâtiments plus durables

[Conférencier 2]

avec des ventilations passives, etc. Et là, on voit

[Conférencier 2]

l'ingéniosité du vivant avec ces termites.

[Conférencier 2]

Je trouve que c'est une belle leçon aussi. Et ensuite, j'avais pensé également

[Conférencier 2]

aux abeilles et aux fourmis à travers, que ce soit leur danse,

[Conférencier 2]

leur langage chimique ou leur logique collective.

[Conférencier 2]

Ça surpasse de loin nos propres modèles de communication et de coopération

[Conférencier 2]

et d'exerce avec une efficacité, une sobriété

[Conférencier 2]

énergétique. Elle s'est parfaite aussi, il faut l'admettre.

[Conférencier 2]

Je pense que ce qui me frappe beaucoup, c'est de voir qu'il y a plein de solutions au sein du vivant

[Conférencier 2]

qui sont bien plus durables que les nôtres. Et on a tendance

[Conférencier 2]

à les ignorer ou alors à un petit peu les diminuer parfois

[Conférencier 2]

malgré le fait qu'on les utilise aussi. Et je pense que c'est aussi pour ça,

[Conférencier 2]

comme je disais, qu'on est déconnectés. C'est nos modes de vie, etc. Et je pense que si on apprend

[Conférencier 2]

à regarder avec sagesse

[Conférencier 2]

notre environnement, on peut se rendre compte que c'est une source infinie d'inspiration

[Conférencier 2]

mais surtout, il y a des notions de résilience et d'humilité assez

[Conférencier 2]

importantes.

[Conférencier 3]

Merci. Ce sont trois beaux exemples

[Conférencier 1]

et c'est vrai que ce sont des insectes pour les termites et

[Conférencier 1]

les fourmis et les abeilles. Et le tardigrade, je ne sais pas ce que c'est comme...

[Conférencier 2]

Je ne sais plus.

[Conférencier 1]

Pour ceux qui ne connaîtraient pas, c'est un tout petit organisme

[Conférencier 1]

qui n'est pas forcément visible à l'œil nu. Et qui est présent partout

[Conférencier 1]

dans la rosée,

[Conférencier 3]

sur les plantes, etc. Et pour la science,

[Conférencier 3]

il a vraiment été envoyé un peu partout. Justement, c'est pour ça qu'on a pu

[Conférencier 3]

voir qu'il résistait justement aux vides aussi intersidérales, aux rayons,

[Conférencier 2]

etc. Ce que je trouve assez incroyable avec ces exemples, c'est que c'est

[Conférencier 2]

pas les plus grosses espèces animales finalement. Bien qu'il y en ait

[Conférencier 2]

plein qui soient assez incroyables, mais c'est pas les plus grosses. Et justement, j'ai fait exprès de prendre

[Conférencier 2]

du tout petit petit petit à un tout petit peu plus grand, mais quand même tout petit, qu'on a

[Conférencier 2]

souvent tendance à... Voilà, on marche sur des fourmis quand on est petit,

[Conférencier 2]

sans se rendre compte qu'eux. Alors que derrière, il y a toute cette complexité.

[Conférencier 1]

Il y a des choses qu'on réalise nous-mêmes, elles le font aussi, comme

[Conférencier 1]

certaines fourmis, je ne sais pas lesquelles c'est, je ne pourrais pas dire, mais qui fabriquent des

[Conférencier 1]

médicaments pour soigner leur cancer aussi.

[Conférencier 2]

Oui, l'amputation aussi. Il y en a certaines qui amputent

[Conférencier 2]

un congénère blessé, enfin une congénère blessée. Non, mais oui, elles sont même

[Conférencier 2]

dans les techniques d'automédication, c'est sûr, elles ne sont pas en reste.

[Conférencier 2]

Et au niveau insectes, il y en a

[Conférencier 3]

plein plein plein, les papillons monarques aussi,

[Conférencier 2]

qui vont faire de l'automédication transgénérationnelle.

[Conférencier 2]

Là, il y a une ingéniosité et des capacités cognitives

[Conférencier 2]

qui sont remarquables. Remarquables. Ah, c'est fou.

[Conférencier 2]

Au final, quand je te dis que trois exemples, ce n'était vraiment pas assez,

[Conférencier 2]

je pourrais détailler pendant des... Quand je vois vraiment

[Conférencier 2]

le vivant et tout ça, je suis excité, mais je ne cesse jamais

[Conférencier 2]

d'être émerveillée. Non, mais c'est clair.

[Conférencier 3]

Chaque espèce a ses particularités, ses prouesses,

[Conférencier 3]

ses potentiels, et elle s'en sert au quotidien. C'est ça qui est beau,

[Conférencier 3]

c'est qu'elle est obligée de s'en servir parce que sa survie en dépend,

[Conférencier 1]

et que l'évolution l'a dotée de ses capacités

[Conférencier 1]

justement pour s'en servir et survivre. Donc c'est ça qui est magnifique.

[Conférencier 2]

Oui, complètement. Et c'est là où on voit

[Conférencier 2]

toute, encore une fois, cette complexité, mais toute la beauté aussi de voir

[Conférencier 2]

à quel point l'évolution développe des mécanismes toujours plus incroyables

[Conférencier 2]

dans l'unique but de survivre et de faire perdurer

[Conférencier 2]

une espèce et de se reproduire. C'est fou. L'humain, nous,

[Conférencier 2]

on a ce côté maintenant de pouvoir questionner notre propre reproduction,

[Conférencier 2]

si on a envie ou non de porter la vie et de continuer

[Conférencier 2]

à avoir des enfants, etc. Alors, c'est vrai

[Conférencier 2]

que chez d'autres espèces animales, je ne sais pas. Je ne sais pas parce que finalement,

[Conférencier 2]

c'est vrai que quand on regarde chez d'autres espèces, on a l'impression que c'est une évidence

[Conférencier 2]

et qu'elles continuent sans se poser cette question, finalement.

[Conférencier 2]

C'est intéressant, il faut que je fasse des recherches dessus pour voir s'il y a eu des cas ou ce genre de choses

[Conférencier 2]

parce que, tu vois, je ne m'étais jamais encore posée la question de voir s'il y avait

[Conférencier 2]

cette question en fait, parce que c'est vrai que la reproduction

[Conférencier 2]

c'est indispensable

[Conférencier 3]

à la survie de l'espèce

[Conférencier 2]

et dans notre cas, on se questionne dessus. Donc,

[Conférencier 2]

je trouve ça assez incroyable au final de

[Conférencier 2]

voir, par rapport aux autres espèces, notre rapport à la reproduction,

[Conférencier 3]

justement. Oui, ça montre que quelque part, l'homme parvient

[Conférencier 3]

du fait qu'il est conscient de sa propre conscience, il parvient avec sa conscience

[Conférencier 1]

à moduler sa biologie aussi.

[Conférencier 2]

Exactement. Avoir

[Conférencier 1]

une action sur elle, la gouverner alors que d'habitude, c'est plutôt

[Conférencier 1]

l'instinct, la biologie qui gouverne.

[Conférencier 2]

Oui. On arrive à avoir ce...

[Conférencier 2]

On arrive effectivement à questionner tout ce côté un peu plus instinctif

[Conférencier 2]

et ça, pour le coup, c'est assez fou, en fait,

[Conférencier 2]

quand on regarde bien. Ça nous démontre encore aussi une complexité

[Conférencier 2]

de notre côté, ça, c'est

[Conférencier 3]

génial. Oui, oui, complètement, oui. Mais bon, après, c'est toujours les limites...

[Conférencier 3]

Exactement. ...de ça. N'est-ce pas ?

[Conférencier 3]

Poursuivons. La comparaison est omniprésente en sciences du vivant. On parle d'anatomie

[Conférencier 1]

comparée, on compare les capacités de l'homme à celles des autres espèces.

[Conférencier 1]

Il y a aussi la classification binomiale qui met en avant les points communs et les différences.

[Conférencier 1]

Donc, la classification binomiale, pour les gens qui ne connaîtraient pas,

[Conférencier 1]

c'est les deux mots latins qui définissent une espèce. Qu'est-ce qu'on peut donner

[Conférencier 1]

comme exemple ? J'ai la sarriette en tête. Saturéja montana.

[Conférencier 3]

Donc, on a d'abord ce qui est commun à toutes

[Conférencier 3]

les sarriettes, Saturéja, et le deuxième mot, c'est ce qui les différencie,

[Conférencier 3]

ce qui les distingue. Donc, montana, dans le cas de la sarriette des montagnes,

[Conférencier 3]

et justement, donc, c'est certes une classification qui nous a apporté

[Conférencier 1]

énormément de... d'aide dans la reconnaissance des

[Conférencier 1]

végétaux et pouvoir l'exprimer aussi à l'international, mais il y a quand même

[Conférencier 1]

toujours cette histoire de différence, de comparaison. Donc, oui, c'est bien ce que

[Conférencier 1]

j'avais écrit, les comparaisons sont nécessaires pour se figurer, car elles fournissent un point

[Conférencier 1]

de repère, mais est-ce que la comparaison n'est pas aussi source de compétition,

[Conférencier 1]

de hiérarchisation, et de spécisme, j'ai dit un gros mot.

[Conférencier 1]

Car le fait est que plus la différence est grande, plus

[Conférencier 1]

le rejet aussi est grand de notre part, et on le voit aussi au sein même

[Conférencier 1]

d'une espèce identique, entre

[Conférencier 3]

les différentes ethnies humaines, notamment. Donc, quelle est la question dans ça ?

[Conférencier 3]

Je ne sais pas si tu t'y retrouves, parce que le truc fait un paragraphe.

[Conférencier 2]

Je m'y retrouve. Et c'est vrai,

[Conférencier 2]

comme tu dis, la comparaison, c'est plus qu'utile.

[Conférencier 2]

Il faut de l'anatomie comparée, dans la phylogenie, l'écologie,

[Conférencier 2]

la comparaison, elle est plus qu'on y présente.

[Conférencier 2]

Ça nous offre un point de départ, effectivement, pour se

[Conférencier 2]

différencier, pour comprendre, donc ça, c'est certain,

[Conférencier 2]

mais, effectivement, on peut vite glisser dans tout ce qui

[Conférencier 2]

va être chirurgisation ou le spécisme. Et ça, c'est sûr,

[Conférencier 2]

puisque dans nos cultures, notamment occidentales, plus une espèce

[Conférencier 2]

nous ressemble, et plus on va la valoriser.

[Conférencier 2]

On exalte le dauphin, le chimpanzé, et on néglige le ver de terre.

[Conférencier 2]

Alors qu'on sait qu'un sol sans lui,

[Conférencier 2]

c'est un sol qui est profondément déséquilibré, appauvri, et que ça a des conséquences assez

[Conférencier 2]

importantes. Mais on a plus tendance à comparer nos similitudes,

[Conférencier 2]

on va dire, intellectuelles, nos capacités cognitives,

[Conférencier 2]

avec, effectivement, le dauphin, le chimpanzé, qui vont naturellement,

[Conférencier 2]

du coup, avoir une place un peu plus haute par rapport à l'estime qu'on va accorder

[Conférencier 2]

à certaines espèces. Alors que, tu vois, on pourrait très bien situer, on oublie

[Conférencier 2]

l'abeille, pourtant on sait qu'elle est capable de compter jusqu'à 5, d'avoir

[Conférencier 2]

des apprentissages très étonnants pour un insecte, et le rôle écologique

[Conférencier 2]

est vital.

Et ça, c'est, en fait, sans compter

[Conférencier 2]

d'ailleurs la projection, on pourrait parler du côté abeille domestique, alors qu'il y a toute une diversité

[Conférencier 2]

d'abeilles, mais aussi... Mais bon, et c'est vrai que je trouve ça fou,

[Conférencier 2]

parce que ça nous pousse, encore une fois, à projeter

[Conférencier 2]

toujours nos perceptions, notre grille de lecture sur le vivant,

[Conférencier 2]

pour toujours légitimer des espèces plus que d'autres.

[Conférencier 2]

Et alors, il y a ce rapprochement intellectuel où on va considérer

[Conférencier 2]

des espèces plutôt intelligentes, plutôt proches de nous,

[Conférencier 2]

mais il y a aussi, je trouve, ce qui est assez fou, c'est la comparaison

[Conférencier 2]

aussi par rapport à la notion du beau et du moche, qui influence aussi

[Conférencier 2]

beaucoup la façon dont on va, justement,

[Conférencier 2]

traiter ces espèces-là. C'est toujours comparer

[Conférencier 2]

pour hiérarchiser et ensuite justifier notre relation

[Conférencier 2]

au vivant. Et le spécisme, alors là, c'est justement

[Conférencier 2]

derrière une des conséquences, en fait, finalement, se

[Conférencier 2]

catégoriser comme... quelque chose qui est

[Conférencier 2]

finalement au-dessus d'eux et pas

[Conférencier 2]

avec, finalement, ça entraîne

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derrière des différences entre un cochon et un chien

[Conférencier 2]

dans nos perceptions. En fait, c'est tout le temps. La comparaison,

[Conférencier 2]

c'est vrai que c'est omniprésent et ça a son

[Conférencier 2]

utilité. Et dans d'autres cas, ça desserre

[Conférencier 2]

beaucoup, effectivement. Et d'une culture

[Conférencier 2]

à une autre, on va avoir des relations très différentes au sein du vivant.

[Conférencier 2]

Et c'est pareil, les conséquences vont être très différentes. Mais c'est vrai que notre traitement,

[Conférencier 2]

en tout cas, envers les autres animaux, c'est sûr que ça découle

[Conférencier 2]

d'une comparaison qui est omniprésente.

[Conférencier 3]

Ouais. Et d'ailleurs, ça me fait penser à ça, vraiment,

[Conférencier 3]

un sujet qui découle de ce qu'on vient de dire,

[Conférencier 1]

c'est que finalement, la comparaison au sein même d'une même société, par exemple

[Conférencier 1]

les Français, je sais pas, entre eux, la comparaison chez les humains, elle est

[Conférencier 1]

gigantesque aussi. En fait, tiens, lui, il est plus beau, lui,

[Conférencier 1]

il est plus moche, lui, il est plus riche, il est plus grand, il est plus gros. Et ça

[Conférencier 1]

crée vraiment des complexes de supériorité ou d'infériorité, d'ailleurs.

[Conférencier 2]

Ah oui. Ah oui. Je déteste la comparaison

[Conférencier 2]

déjà dans nos rapports d'humain à humain.

[Conférencier 2]

C'est quelque chose qui, pour moi,

[Conférencier 2]

desserre, je pense. C'est le meilleur moyen de...

[Conférencier 2]

Je pense, hein, mais c'est le meilleur moyen, effectivement, pour que

[Conférencier 2]

ce soit pour développer des complexes, de se remettre en question, mais pas dans le bon sens non plus,

[Conférencier 2]

parce qu'au final, on le trouvera toujours mieux, comme on pourrait

[Conférencier 2]

se dire qu'on le trouverait toujours pire. Et ça, c'est selon une grille de lecture qui ne sera pas la même

[Conférencier 2]

que le voisin non plus. Et je pense que c'est triste,

[Conférencier 2]

en fait, de se dire que dans nos propres rapports, il y a toujours cette comparaison

[Conférencier 2]

pour essayer de se sentir plus ou moins au-dessus.

[Conférencier 3]

Et ça, c'est indépendant, négatif, justement, de

[Conférencier 3]

cette ultra... J'allais dire pas

[Conférencier 3]

omniscience, mais du fait d'être vraiment très conscient de nous-mêmes,

[Conférencier 1]

et c'est indépendant, négatif, parce que si on regarde toutes les autres espèces,

[Conférencier 1]

je ne les étudie pas forcément, mais je crois que la comparaison

[Conférencier 1]

n'est pas vraiment au cœur du débat.

[Conférencier 2]

Non, alors, c'est... Il y a quand même certaines espèces

[Conférencier 2]

qui vont avoir des comportements, je pense notamment, par exemple,

[Conférencier 2]

dans certaines communautés de primates, on va avoir des traitements différents

[Conférencier 2]

par rapport à un singe qui serait naturellement plus isolé ou un petit peu différent, etc.

[Conférencier 2]

Mais il n'y a pas forcément... Ce n'est pas aussi présent

[Conférencier 2]

que dans notre espèce, ça, c'est sûr. C'est intimement lié à cette

[Conférencier 2]

hiérarchisation et au spécisme, ça, sans aucun doute.

[Conférencier 2]

Oui.

[Conférencier 3]

Tiens, tant qu'on parle des humains, est-ce qu'à ta connaissance, il existe des cultures

[Conférencier 3]

humaines très humbles vis-à-vis des autres espèces desquelles l'homme

[Conférencier 3]

occidental devrait s'inspirer ?

[Conférencier 2]

Alors, oui, il y a d'autres cultures qui ont des cosmologies

[Conférencier 2]

bien plus humbles que nous, et, en fait,

[Conférencier 2]

encore une fois, ça s'est relié à leur proximité

[Conférencier 2]

avec la nature. Nous, comme je disais tout à l'heure, on a

[Conférencier 2]

une déconnexion qui est grandissante avec le vivant.

[Conférencier 2]

Par exemple, en Amazonie, il y a des peuples, Yanomami, par

[Conférencier 2]

exemple, il y en a deux autres, je ne les ai plus en tête, mais donc en Amazonie,

[Conférencier 2]

ils vont avoir une vision assez animiste

[Conférencier 2]

avec des perspectives où les animaux, les plantes,

[Conférencier 2]

sont presque des personnes, en fait,

[Conférencier 2]

avec des points de vue un petit peu, alors c'est assez flou,

[Conférencier 2]

mais c'est comme si le vivant avait des intentions, des

[Conférencier 2]

protocoles de relations, et, en fait, on va souvent observer quelque chose,

[Conférencier 2]

c'est que la chasse, elle y est souvent ritualisée, parce que

[Conférencier 2]

on va penser ça comme une relation plus qu'une prédation avec la proie.

[Conférencier 2]

La proie est honorée jusqu'au bout, parce que, justement, il y a

[Conférencier 2]

ce côté, où on est reconnaissant

[Conférencier 2]

de ce que la nature nous apporte, parce que ça n'est pas un dû. Au Japon,

[Conférencier 2]

c'est la tradition Shinto avec les kami, donc là, c'est

[Conférencier 2]

chaque élément de la nature peut abriter un kami, donc c'est une présence un petit peu

[Conférencier 2]

sacrée, ça peut être au niveau d'une houtane, une cascade,

[Conférencier 2]

et, en fait, la nature, ici, elle n'est pas un décor,

[Conférencier 2]

elle est vraiment habitée, vivante. Et donc, c'est digne

[Conférencier 2]

de respect, quand on va, par exemple, avoir des prières au niveau des récoltes,

[Conférencier 2]

etc., parce que, justement, encore une fois, ça n'est pas un dû.

[Conférencier 2]

Et, d'ailleurs, j'ai lu un manga, il n'y a pas

[Conférencier 2]

si longtemps que ça, qui reprenait un peu ce côté kami, c'était pas du tout voulu.

[Conférencier 2]

Et, en fait, dans le manga, je voyais qu'il y avait vraiment ce côté

[Conférencier 2]

où il faut, alors, je ne sais pas trop dans quelle dimension

[Conférencier 2]

c'est très rapproché de la réalité, mais, en tout cas, il y a

[Conférencier 2]

cette retranscription des kami qui auraient une influence

[Conférencier 2]

sur les récoltes, et donc sur la vie, des personnes qui vivent

[Conférencier 2]

en communion un petit peu plus avec la nature. Et, en fait, ce que j'aime beaucoup, c'est

[Conférencier 2]

de voir qu'on ne considère pas comme un dû ce que la nature peut nous offrir.

[Conférencier 2]

On article, par exemple, même les Inuits, il y a une force

[Conférencier 2]

aussi éthique de respect et de réciprocité

[Conférencier 2]

envers les animaux, qui sont vus comme des donateurs de leur chair,

[Conférencier 2]

et, encore une fois, avec la réussite de la chasse, qui dépend d'une relation qui

[Conférencier 2]

est correcte avec le monde non-humain, on va dire ça comme ça. Et ça influence,

[Conférencier 2]

vraiment, derrière, parce qu'il n'y a pas... Ce que je trouve intéressant, c'est que, justement, ces peuples-là

[Conférencier 2]

ne fétichisent pas le mignon ou le beau, comme on disait tout à l'heure,

[Conférencier 2]

du moche, ou le plus intelligent, du moins

[Conférencier 2]

intéressant. Ça reconnaît vraiment les rôles, les alliances et les

[Conférencier 2]

limites du vivant, en incluant comme un tout, en fait, en s'incluant

[Conférencier 2]

comme un tout avec le vivant et en nous invitant, justement, à ne pas classer, mais à

[Conférencier 2]

s'accorder avec. Je ne sais pas si c'est très clair, mais je trouve ça assez

[Conférencier 2]

fou. C'est vraiment une belle leçon, ces peuples-là.

[Conférencier 2]

C'est, en fait, la base, mais encore une fois, ils ont cette

[Conférencier 2]

proximité et, je pense, cette humilité

[Conférencier 3]

aussi. C'est plus une alliance qu'une compétition.

[Conférencier 2]

Exactement.

[Conférencier 3]

Et ça fait le lien aussi avec la notion de croyance. C'est marrant,

[Conférencier 1]

c'est un épisode que j'ai fait, justement. Dire que croire

[Conférencier 1]

était un fait humain universel, mais que les sujets de croyance

[Conférencier 1]

avaient bien évolué depuis, justement, l'animisme.

[Conférencier 1]

Aujourd'hui encore, comme tu viens de le dire, il y a, justement, des tribus, des sociétés

[Conférencier 1]

archaïques qui, justement, croient encore à l'animisme.

[Conférencier 1]

Et je pense que ce changement aussi de

[Conférencier 1]

croyance, de sujet de croyance, a peut-être créé cette distance

[Conférencier 1]

avec le vivant

[Conférencier 3]

dans notre société occidentale. Voilà, c'est un postulat de ma part,

[Conférencier 3]

mais comme on est passé au monothéisme par chez nous, eh bien,

[Conférencier 2]

c'est un dieu personnifié qui aurait tout

[Conférencier 1]

créé. Donc, les choses qui, qui existent, qui sont autour de nous

[Conférencier 1]

et qui étaient valorisées dans les sociétés animistes ne sont plus autant

[Conférencier 1]

valorisées aujourd'hui.

[Conférencier 2]

Oui, oui, complètement. Oui, ça, c'est sûr. C'est aussi par l'évolution des croyances

[Conférencier 2]

que notre relation au vivant évolue aussi.

[Conférencier 2]

Et ça, c'est certain, c'est certain. Il n'y a pas que

[Conférencier 2]

ce qu'il y a autour, que le matériel. Il y a toute cette dimension aussi

[Conférencier 2]

de croyance, c'est certain.

[Conférencier 3]

Alors, maintenant, je te propose un petit jeu qui est assez connu, mais que

[Conférencier 3]

j'ai adapté à toi.

[3]

Donc, c'est le jeu du Si j'étais

[Conférencier 3]

pour explorer justement ton lien au vivant

[Conférencier 1]

et nous apporter par la même occasion ton regard sensible comme source

[Conférencier 1]

de connaissances. Alors, tu es

[Conférencier 2]

partante ? Je suis partante. Je suis partante. Tous ceux qui

[Conférencier 3]

écoutent, je lui ai envoyé ça en amont

[Conférencier 1]

parce que vous vous doutez bien que quand on a des connaissances aussi

[Conférencier 1]

vastes qu'Anaïs et une admiration pour le vivant, les réponses n'étaient pas

[Conférencier 1]

si évidentes, donc elle y a passé du temps. Et c'est pour notre plus

[Conférencier 1]

grand bien.

[Conférencier 2]

Oui, faire un choix, c'est souvent très compliqué quand on s'en souvient.

[Conférencier 2]

Je sais. La notion de choix,

[Conférencier 3]

je connais. Et je vais te demander si tu étais, voilà,

[Conférencier 3]

quelque chose, et je vais te demander pourquoi. Parce que c'est intéressant de savoir pourquoi ce choix.

[Conférencier 3]

Si tu étais une plante,

[Conférencier 1]

et pour quelles raisons ?

[Conférencier 2]

Si j'étais une plante, après mûre réflexion,

[2]

je dirais l'ophrys abeille.

[Conférencier 2]

D'accord, ouais. Alors, ça, je trouve ça fou.

[Conférencier 2]

Une orchidée qui mime forme et parfum

[Conférencier 2]

d'une abeille pour la pollinisation. Encore

[Conférencier 2]

une fois, j'aime l'ingéniosité douce

[Conférencier 2]

de cette plante pour obtenir une rencontre

[Conférencier 2]

en jouant de la ressemblance et de l'odeur, sans bruit

[Conférencier 2]

ni force. Je trouve ça incroyable. Donc, c'est...

[Conférencier 2]

Je dirais que c'est pour son ingéniosité. Ouais. Et puis, elle est très belle aussi,

[Conférencier 3]

il faut l'admettre. Ouais, c'est clair.

C'est une forme de manipulation, mais douce.

[Conférencier 3]

C'est-à-dire que l'insecte ne meurt pas dans le traquenard.

[Conférencier 2]

Oui. Ça, c'est chouette. Ah oui, complètement. Nous vous invitons à aller

[3]

voir l'ophrys abeille sur vos

[Conférencier 3]

réseaux. On poursuit. Si tu étais un champignon, et pour quelles raisons ?

[Conférencier 2]

Eh bien... Là, je me suis dit... Je me suis posé

[Conférencier 2]

la question, tu vois. Il y a des champignons de part...

[Conférencier 2]

Leur capacité, c'est incroyable. D'autres, c'est...

[Conférencier 2]

Visuellement, qu'ils sont plus parlants.

Et je me suis dit qu'on allait partir dans cette

[Conférencier 2]

direction-là, le visuel.

[2]

Et donc, j'ai pensé à la xylaire polymorphe.

[Conférencier 2]

Je ne sais pas si tu connais. Pas du tout. C'est une espèce de champignon

[Conférencier 2]

ascomycète, et en fait, on le surnomme le doigt de la mort.

[Conférencier 2]

C'est une apparence... Voilà.

[Conférencier 2]

Discutable. En fait, ça a l'air noir, un petit peu

[Conférencier 3]

comme des doigts de cadavre. Ah, ouais.

[Conférencier 2]

Et c'est vraiment très ressemblant à s'y méprendre,

[Conférencier 2]

puisque c'est un champignon qui...

va se nourrir de bois morts,

[Conférencier 2]

par exemple, etc. Et en fait, il est vraiment... Quand on le voit pousser,

[Conférencier 2]

ça fait des petites tiges, comme ça, qui ressemblent à des doigts un peu de zombies qui sortiraient

[Conférencier 2]

de terre. Il y en a... Alors, il y en a plusieurs à chaque fois, justement, ce qui peut prêter

[Conférencier 2]

à la confusion. Pas forcément toujours simple, mais tu sais, on pourrait se dire qu'un doigt est resté sous terre.

[Conférencier 2]

Mais en tout cas, ça sort comme ça en

[Conférencier 2]

plusieurs. Il y en a souvent trois, quatre en même temps et à côté, ce qui peut laisser

[Conférencier 2]

un petit peu... Là, ça a une imagination un peu macabre, mais...

[Conférencier 3]

Ouais, les zombies, quoi. C'est ça, vraiment

[Conférencier 2]

des zombies qui sortent de terre. Et je trouve ça rigolo, parce que je me vois bien

[Conférencier 2]

me balader en forêt, tomber sur ça et faire peur à quelqu'un qui dirait

[Conférencier 2]

« Ah non, finalement, c'est le vivant qui me joue un tour

[Conférencier 3]

à ce moment-là. » Et pas le mort.

[Conférencier 2]

Et bah, c'est... Voilà, c'est ça. Génial.

[Conférencier 3]

Comment tu dis que ça s'appelle, pour aller...

[2]

Donc, la xylaire polymorphe.

[Conférencier 3]

Ok. Voilà. Eh bien, nous irons voir ça. On poursuit.

[Conférencier 3]

Si tu étais un animal, et pour quelle raison ? Quel choix difficile, j'imagine.

[Conférencier 2]

Alors, quel choix difficile ? Et en même temps, je me suis dit que j'allais faire très simple.

[Conférencier 2]

J'ai pris mon animal préféré. Donc, si j'étais un animal,

[Conférencier 2]

je serais le lynx. Évidemment. Ah oui. Voilà, sans originalité,

[Conférencier 2]

c'est mon animal préféré, mais ce que j'aime par-dessus tout avec

[Conférencier 2]

cet animal, c'est qu'il est discret, un peu mal aimé.

[Conférencier 2]

Et surtout, il est essentiel à l'équilibre des forêts. Et j'aime ce

[Conférencier 2]

côté... J'adore les félins. Je pense que c'est

[Conférencier 2]

vraiment ce qui se démarque dans mon cœur par rapport aux autres,

[Conférencier 2]

bien que... En fait, je dis ça, mais je suis tellement fascinée que je ne sais pas

[Conférencier 2]

si je le pense vraiment, mais depuis petite, c'est vrai que j'ai toujours eu un

[Conférencier 2]

attrait particulier pour eux. Et le lynx m'a marquée davantage avec le

[2]

film Lynx de Laurent Geslin, qui a,

[Conférencier 2]

je pense, encore plus appuyé mon amour pour

[Conférencier 2]

ce félin. J'aime son côté discret.

[Conférencier 2]

Je veux être un lynx. Si la réincarnation est possible,

[Conférencier 3]

ça ne me dérange pas. Et je crois, d'ailleurs, que ça a été ton sujet

[3]

de mémoire, c'est ça, sur le lynx boréal ?

[Conférencier 2]

Oui, oui, oui. Oui, exactement.

[Conférencier 2]

Donc, sur tout leur rôle au sein des écosystèmes et des forêts

[Conférencier 2]

françaises. Donc, effectivement, avec toute l'histoire

[Conférencier 2]

de leur introduction, malheureusement, c'est vrai que c'est un félin

[Conférencier 2]

qui peine à faire sa place. Et c'est dommage,

[Conférencier 2]

mais c'est, comme pour beaucoup de super prédateurs, compliqué.

[Conférencier 2]

Malgré leur rôle essentiel, c'est vrai qu'ils souffrent souvent

[Conférencier 2]

d'une mauvaise image. Et c'est

[Conférencier 2]

proche de nous, l'image que peuvent avoir les lynx maintenant. Et quand on

[Conférencier 2]

voit, il me semble qu'on a moins de 200 maintenant en France

[Conférencier 2]

au niveau du nombre d'individus de lynx restants, c'est

[Conférencier 2]

très, très peu. Ils sont de braconnage, de consanguinité.

[Conférencier 2]

Les collisions routières, n'en parlons pas. Et c'est très compliqué

[Conférencier 2]

de lui faire sa place. Mais je continue,

[Conférencier 2]

je continuerai à parler du lynx autant que je peux pour qu'il puisse essayer de rester

[Conférencier 2]

le plus longtemps possible en France parce que c'est un si bel animal

[Conférencier 2]

et je trouve qu'on est plus que chanceux de l'avoir sans même... Beaucoup de personnes, en fait, ne sont même pas au courant

[Conférencier 2]

qu'on a des lynx en France.

[Conférencier 3]

Pourtant, son rôle est essentiel.

[Conférencier 2]

Il faut des super prédateurs. C'est toute une cascade

[Conférencier 2]

d'actions bénéfiques pour l'écosystème. Mais oui, c'est un sujet...

[Conférencier 2]

Je voulais le faire. Est-ce que tu en as vu ? Est-ce que

[Conférencier 2]

tu es allée sur le terrain pour essayer d'en voir ? Toi ou pas ? Pas encore.

[Conférencier 2]

Pas encore. Et je pense qu'il me tarde de le faire.

[Conférencier 2]

En fait, j'aimerais y aller avec des personnes qui

[Conférencier 2]

m'entourent et qui connaissent aussi un petit peu

[Conférencier 2]

le lynx sur son terrain parce que ce n'est pas évident. Il y a aussi toute une approche

[Conférencier 2]

éthique pour le faire. Et c'est ça que je ne veux pas le faire sans connaissance

[Conférencier 2]

pour l'observer. Donc,

[Conférencier 2]

j'aimerais bien... Je sais que j'avais eu quelques petites propositions

[Conférencier 2]

de collègues qui sont dans le coin là-bas pour pouvoir

[Conférencier 2]

y aller. Je n'ai pas encore eu l'occasion, mais alors ça ne saurait tarder.

[Conférencier 2]

Je ne peux pas me dire que je partirais de cette terre sans avoir vu ce monopole

[Conférencier 2]

là. Et je sais que c'est très, très compliqué et qu'il faut être chanceux. Parfois, il y a des personnes

[Conférencier 2]

qui, pendant des années, n'en voient pas parce que c'est extrêmement discret.

[Conférencier 2]

Et je croise les doigts. J'espère

[Conférencier 2]

pouvoir le voir un jour, ça c'est sûr. Et je ne peux que

[Conférencier 2]

conseiller le film Lynx de

[2]

Laurent Geslin. Je trouve que c'est

[Conférencier 2]

un film qui est émouvant. On y voit la réalité des menaces

[Conférencier 2]

auxquelles il doit faire face pour survivre. C'est très émouvant.

[Conférencier 2]

Il faut quand même sortir le petit mouchoir, s'ils sont comme moi. Mais

[Conférencier 2]

franchement, c'est un très beau film.

[Conférencier 3]

Super. Merci pour le conseil. Et tu l'as fini, ton mémoire ?

[Conférencier 3]

C'est fini. C'était quoi le sujet

[Conférencier 2]

exact ? Alors, le sujet justement, c'était Lynx

[Conférencier 2]

Boréal, gardien de l'équilibre écologique.

de nos forêts françaises. Voilà.

[Conférencier 3]

Ok, ok. Intéressant. Alors, on poursuit avec le dernier, si tu étais

[Conférencier 3]

un biotope. Et pour quelles raisons ? J'ai longtemps hésité,

[Conférencier 2]

mais je dirais une forêt ancienne de montagne avec des

[Conférencier 2]

lisières, des clairières, des sapins. Tu sais ce côté des sapins qui

[Conférencier 2]

murmurent, où on a l'impression que l'ennemi recommence. Je trouve que c'est

[Conférencier 2]

un lieu de mémoire et surtout d'échange invisible.

[Conférencier 2]

Je ne sais pas si tu vois, j'ai du mal à exprimer le fond de ma pensée, mais

[Conférencier 2]

je trouve ça magique en fait, presque.

[Conférencier 3]

Parce qu'il n'y a pas de mots, tout simplement.

[Conférencier 2]

C'est un silence qui est plus que ressourçant. Donc,

[Conférencier 2]

j'adore. Je serai assurément cette forêt

[Conférencier 2]

comme ça. Je pense que ça sera un lieu à la fois

[Conférencier 2]

riche en échange et ce

[Conférencier 2]

silence aussi qui

[Conférencier 3]

ressource. Un petit bain de forêt, quoi.

[Conférencier 2]

Exactement. C'est pas par hasard que

[Conférencier 1]

t'as dit ça. C'est parce que tu en ressens les bienfaits.

[Conférencier 2]

Oui.

[Conférencier 1]

C'est prouvé. Comme je vous l'ai dit au début de cet épisode,

[Conférencier 1]

il sera en deux parties. La première partie est traitée

[Conférencier 1]

justement de l'homme par rapport aux autres espèces et la seconde traite

[Conférencier 1]

des infinies possibilités de notre vie d'humain. C'est un petit peu la forme

[Conférencier 1]

que prend notre vie d'humain. Maintenant, j'aimerais évoquer une chance

[Conférencier 1]

que nous avons en tant qu'humains du XXIe siècle, celle de pouvoir créer sa vie

[Conférencier 1]

sur mesure, d'en être l'acteur, de la façonner et de ne pas la subir.

[Conférencier 1]

Il faut quand même reconnaître que nous sommes la seule espèce à pouvoir avoir

[Conférencier 1]

une multitude de destinées et à ne plus être calquée sur le modèle de survie alimentaire.

[Conférencier 1]

D'ailleurs, on en a parlé tout à l'heure, on remettait en question

[Conférencier 1]

la notion de reproduction qui n'est plus forcément vitale ou

[Conférencier 1]

souhaitée par les individus, par les humains. Même si cela reste en toile de fond,

[Conférencier 1]

nous avons en parallèle des métiers, des activités variées qui font que

[Conférencier 3]

nos vies peuvent suivre un schéma unique capable de révéler nos

[Conférencier 3]

inombrables potentiels.

Anaïs, on peut dire que tu as créé ton propre

[Conférencier 3]

schéma. Peux-tu me dérouler ton parcours

[Conférencier 1]

et les événements marquants qui ont façonné ton modèle sur mesure ?

[Conférencier 2]

Alors, mon modèle, mon parcours, il n'est pas linéaire.

[Conférencier 2]

Justement, je pense que c'est ce qui en fait un peu aussi

[Conférencier 2]

cette richesse, mais après mon bac scientifique,

[Conférencier 2]

je suis entrée en licence de biologie en ayant pour objectif

[Conférencier 2]

de tenter la passerelle pour accéder à l'école vétérinaire. Donc, au début,

[Conférencier 2]

plutôt avec un attrait animaux domestiques.

[Conférencier 2]

Et en fait, très vite, je me suis rendue compte

[Conférencier 2]

que mes horizons se sont élargis sur la diversité du vivant.

[Conférencier 2]

Je me suis dit, mais je ne peux pas, non, c'est pas ça en fait que je veux réellement.

[Conférencier 2]

Donc, plus j'apprenais et plus je réalisais qu'il n'y avait pas seulement ces fameux

[Conférencier 2]

animaux de compagnie ou les espèces emblématiques qu'on connaît tous

[Conférencier 2]

à la maison, mais une incroyable diversité et une forme de vie

[Conférencier 2]

qui me fascinait dans toutes les manières.

[Conférencier 2]

Enfin, voilà. Et en fait, je me suis dit, ce qui

[Conférencier 2]

m'a permis d'aller plus loin, en fait, c'est que lors de cette licence,

[Conférencier 2]

j'ai poursuivi ensuite, après,

[Conférencier 2]

j'ai eu un exercice de production numérique qui m'a fait

[Conférencier 2]

prendre conscience qu'il y avait plus que simplement participer

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à la recherche, en fait. Qu'il y avait aussi toute cette action de transmission

[Conférencier 2]

des sciences, transmission des connaissances. Et donc, après cette

[Conférencier 2]

licence, je me suis dit que j'allais poursuivre avec

[Conférencier 2]

une licence en médiation scientifique et éducation à l'environnement.

[Conférencier 2]

Donc, c'est une L3 professionnelle et qui se fait sur

[Conférencier 2]

une année en complément d'une licence où, par exemple, beaucoup de personnes étaient

[Conférencier 2]

en GPEN à ce moment-là aussi. Et à côté de ça, j'ai commencé

[Conférencier 2]

également un master en ingénierie écologique spécialisé, là, dans la

[Conférencier 2]

gestion, restauration des écosystèmes pour continuer toujours cette connaissance

[Conférencier 2]

sur, on va dire, un petit peu plus accès terrain et recherche.

[Conférencier 2]

Donc, il y avait un petit peu cette double action

[Conférencier 2]

de pouvoir essayer de me professionnaliser

[Conférencier 2]

avec un parcours dans tout ce qui était transmission des sciences et, à côté,

[Conférencier 2]

continuer à élargir mes connaissances scientifiques. Donc, j'ai

[Conférencier 2]

fait ça, mais le vrai, on va dire, déclic, ce qui a permis

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d'en arriver là où je suis maintenant, ça s'est produit, donc, effectivement, à la

[Conférencier 2]

fac, au sein d'un lieu qui, c'était

[Conférencier 2]

production numérique. C'est un exercice, où on devait créer un site internet

[Conférencier 2]

et produire une courte vidéo de vulgarisation scientifique sur un sujet. À ce moment-là,

[Conférencier 2]

d'une part, alors, on n'avait pas encore posé le terme de vulgariser

[Conférencier 2]

sur cet exercice, donc je ne savais pas encore cette notion-là, mais c'est vrai que j'ai

[Conférencier 2]

pris un immense plaisir à expliquer, raconter, mettre

[Conférencier 2]

en scène et en image les mots sur ce sujet

[Conférencier 2]

scientifique. Alors, sur cette première année, c'était sur...

[Conférencier 2]

C'était la cristallisation fractionnée.

[Conférencier 2]

Et la deuxième année, en L3, on avait eu, donc, un deuxième sujet

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un peu similaire, et là, c'était sur la bioluminescence. Donc, ces petits sujets,

[Conférencier 2]

j'en avais fait des petites vidéos, et en fait, dans les travaux de groupe,

[Conférencier 2]

il y a toujours un moment où, dans la répartition du travail, c'est un peu plus compliqué,

[Conférencier 2]

parfois. Et je me suis retrouvée à tout faire, sauf qu'en fait, secrètement, j'ai adoré

[Conférencier 2]

tout faire. Et je ne voulais plus que les gens le fassent, et je me suis retrouvée, au final,

[Conférencier 2]

à faire la petite vidéo, le site internet, et j'ai pris un immense plaisir, si bien

[Conférencier 2]

que l'été qui a suivi cette année-là, j'ai commencé à faire des petits

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carousels sur Canva, avec des notions

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que je voyais en cours, et que j'essayais de vulgariser, de rendre attractifs,

[Conférencier 2]

etc. Et je me suis dit, c'est trop bête de les garder pour moi,

[Conférencier 2]

il faut que je partage ça, parce que, bon, c'est chouette, mais en avoir une collection pour soi,

[Conférencier 2]

bon. Et donc, c'est comme ça que j'ai créé Drôle de biologiste. Et Drôle de

[Conférencier 2]

biologiste, au début, ce pseudo, en fait, ça évoquait

[Conférencier 2]

un petit peu ce parcours d'une étudiante en biologie, parce que j'en ai,

[Conférencier 2]

je me rappelle, j'en mets souvent en story, les gens me sentent mes tétés en cours

[Conférencier 2]

pour montrer un petit peu comment ça se passait, et j'avais un petit peu en tête

[Conférencier 2]

par Drôle de biologiste, c'était le côté petit biologiste

[Conférencier 2]

en herbe, en fait, c'était un peu ce côté-là. Et

[Conférencier 2]

donc, je me rappelle, il y a eu très vite des premiers retours où les gens étaient

[Conférencier 2]

très enthousiastes de pouvoir découvrir toutes ces choses-là, et

[Conférencier 2]

j'ai pris énormément plaisir. Au début, j'avais peur de montrer mon

[Conférencier 2]

visage, peur de faire des vidéos, donc c'était uniquement sous carousel pendant

[Conférencier 2]

peut-être un an et demi. Et puis après, j'ai osé, on va dire,

[Conférencier 2]

me montrer, me lancer, faire des formats courts, écrire

[Conférencier 2]

des chroniques, maintenant publier un livre, tu vois, donc

[Conférencier 2]

les formats se diversifient. De la même manière que là, le podcast,

[Conférencier 2]

comme je disais, c'est une première, et parfois, quand je stresse, je dis n'importe quoi

[Conférencier 2]

ou j'oublie des connaissances. Et c'est ce qui m'effrayait le plus, donc c'est pour ça que

[Conférencier 2]

j'ai souvent besoin, tu vois, le linge, je sais typiquement après que je vais aller à

[Conférencier 2]

regarder les actes parce que j'ai eu un trou, mais je sais que je l'ai mis dans mon mémoire quelque part et je devrais

[Conférencier 2]

le savoir sur le bout de la langue. Et puis je me dis mais c'est pas possible d'oublier ça, oh là là.

[Conférencier 2]

Mais c'est comme ça, c'est aussi ça, oui. Le fait est de

[Conférencier 2]

pouvoir s'adapter à différents formats et gérer tout ça, je trouve ça

[Conférencier 2]

chouette aussi de travailler ça et d'essayer de transmettre la science autrement

[Conférencier 2]

en essayant toujours de réenchanter le regard

[Conférencier 2]

porté sur le vivant. Et voilà, c'est comme ça que j'en suis

[Conférencier 2]

arrivée là et aujourd'hui, on va dire que je suis médiatrice scientifique à plein temps

[Conférencier 2]

sur mes réseaux et j'essaie de diversifier au maximum les formats, mais

[Conférencier 2]

c'est génial. Je m'épanouis tous les jours.

[Conférencier 3]

Génial. Et je dois te dire que vraiment, tu réussis

[Conférencier 1]

super bien, c'est vraiment un format qui te convient. T'as vraiment compris les codes

[Conférencier 1]

et tu excelles, quoi. Le montage vidéo, c'est un travail de

[Conférencier 1]

dingue, on se rend pas compte quand on est à l'extérieur, mais moi qui ai aussi fait ça,

[Conférencier 1]

ça m'a pas trop convenu, mais je sais à quel point c'est

[Conférencier 1]

colossal comme travail. Que ça soit la préparation du script, le sujet,

[Conférencier 3]

la mise en scène, parce que mine de rien, on doit se filmer, on doit mettre la

[Conférencier 3]

caméra à tel endroit, on doit se préparer aussi, s'apprêter un petit peu. Ensuite, il y a le montage,

[Conférencier 3]

il y a l'ébrutage, il y a

[Conférencier 2]

la légende, enfin c'est... Donc vraiment, bravo,

[Conférencier 2]

ça te va comme un gant. Puis en plus, tu es très agréable à regarder,

[Conférencier 1]

t'as pas à se mentir. Non, puis

[Conférencier 3]

c'est clair, t'as une maturité dans le propos et en même temps, tu t'adresses aussi aux plus jeunes,

[Conférencier 3]

enfin tu vois, ça peut vraiment s'adresser à tous les âges, donc bravo.

[Conférencier 2]

Je te dis ça. Merci beaucoup.

[Conférencier 3]

Est-ce que tu as eu des mentors, des personnes qui t'ont inspiré à faire autrement,

[Conférencier 3]

ou au contraire, est-ce que tu t'es plutôt sentie un peu seule à tracer ta route ?

[Conférencier 2]

Eh bien, tu vois, sur ça, je serais plutôt mitigée, parce qu'en fait,

[Conférencier 2]

il y a forcément des personnes qui m'ont inspirée à faire ce parcours-là,

[Conférencier 2]

mais tout en me sentant quand même relativement seule,

[Conférencier 2]

parce que j'ai pas vraiment eu de mentor unique, on pourrait pas

[Conférencier 2]

dire ça comme ça, mais si je devais citer quelqu'un qui m'a

[Conférencier 2]

encouragée à penser pouvoir faire

[Conférencier 2]

de la médiation scientifique sur les réseaux, ou même au travers de vidéos,

[Conférencier 2]

je pense qu'il ne l'a jamais su, c'est sûr, mais il y a un

[Conférencier 2]

professeur, justement, lors de la fac, celui qui était à l'origine

[Conférencier 2]

de cet exercice de production numérique, qui, lorsqu'il avait visionné

[Conférencier 2]

la vidéo au moment du passage d'évaluation,

[Conférencier 2]

m'avait fait un retour, en fait, des compliments

[Conférencier 2]

sur le côté où ma voix portait plus.

[Conférencier 2]

Plutôt bien, avait facilement ce côté d'être enjouée, de donner

[Conférencier 2]

envie d'écouter le sujet. Il n'y avait pas du tout de plan face-cam à ce moment-là,

[Conférencier 2]

donc je pense que j'aurais été trop timide pour essayer, mais

[Conférencier 2]

je me suis dit, bon, ça veut dire qu'il a peut-être vu en moi quelque chose que je devrais

[Conférencier 2]

essayer de développer. Et justement, après la licence, j'avais regardé d'ailleurs des

[Conférencier 2]

parcours plutôt axés journalisme-scientifique, puis j'avais peur de trop

[Conférencier 2]

me bloquer dans cette voie-là, et justement de ne pas poursuivre

[Conférencier 2]

à côté tout ce qui était élargissement de

[Conférencier 2]

ces connaissances. Mais je dirais que ce prof-là a pas mal influencé déjà cette

[Conférencier 2]

envie d'essayer de partager, d'essayer de m'enregistrer

[Conférencier 2]

ou de transmettre les sciences dans des petites capsules vidéo.

[Conférencier 2]

Et puis après, je dirais qu'il y avait quand même

[Conférencier 2]

aussi des personnes que j'ai toujours regardées, je pense à Dr Nozman,

[Conférencier 2]

qui, sur les réseaux, m'inspirait beaucoup. Alors pas du tout dans l'optique au début

[Conférencier 2]

de faire quelque chose de similaire, mais je trouvais ça

[Conférencier 2]

fascinant, en fait, de pouvoir apporter en un format très court

[Conférencier 2]

une notion sur un sujet scientifique qui paraît très complexe

[Conférencier 2]

à prime abord, et qu'au final on va avoir de la sympathie

[Conférencier 2]

à visionner. Et ça, je pense que

[Conférencier 2]

ça m'a aussi inspirée, et que c'est une des personnes qui,

[Conférencier 2]

au niveau de la vulgarisation scientifique, je trouve,

[Conférencier 2]

transmet vraiment des valeurs proches de celles

[Conférencier 2]

que j'essaie d'avoir dans mes vidéos.

J'aime beaucoup, donc je pense

[Conférencier 2]

que toutes ces personnes ont joué dans cette envie de partager

[Conférencier 2]

autrement les sciences, mais en même temps, il y a un aspect où

[Conférencier 2]

je me suis sentie quand même un petit peu seule, parce que c'est vrai que, par exemple, tu vois, quand j'en ai

[Conférencier 2]

parlé un petit peu autour de moi à mes proches, là, par contre, il n'y avait pas ce même engouement.

[Conférencier 2]

Ça parlait beaucoup moins, en plus les réseaux sociaux, par exemple, je pense à mes parents,

[Conférencier 2]

on est sur une génération où les réseaux sociaux, c'est quand même très abstrait,

[Conférencier 2]

donc il n'y a pas forcément eu

[Conférencier 2]

l'encouragement ou le sérieux, en tout cas, dans leurs yeux, par rapport à ce que

[Conférencier 2]

j'essayais d'entreprendre, et encore un petit peu maintenant, même si j'essaie, je rame,

[Conférencier 2]

je veux leur prouver que c'est quelque chose qui vaut la peine, et que ça peut avoir

[Conférencier 2]

son utilité. Les réseaux sociaux, c'est un billet aussi pour pouvoir apporter

[Conférencier 2]

de l'information. C'est important aussi de lutter contre

[Conférencier 2]

la désinformation sur les réseaux, ça pourrait aussi faire un peu d'un sujet, tu vois,

[Conférencier 2]

mais c'est vrai qu'on va dire, par mon entourage,

[Conférencier 2]

c'est pas les... la première ligne de soutien que j'ai pu avoir,

[Conférencier 2]

mais par contre, autour, beaucoup de personnes ont planté leurs graines

[Conférencier 2]

comme ça dans mon cerveau pour faire émerger cette envie de

[Conférencier 2]

transmettre les sciences et d'en arriver là aujourd'hui. Ouais, t'as su trouver

[Conférencier 2]

vraiment ton soutien ailleurs. Voilà, c'est ça.

[Conférencier 1]

Et c'est très mature de ta part, quelque part,

[Conférencier 1]

parce qu'on sait que notre famille, elle veut notre bien,

[Conférencier 1]

elle veut que notre bien, mais qu'elle a ses propres freins liés,

[Conférencier 1]

à ses propres expériences, donc forcément...

[Conférencier 2]

Exactement. On peut pas prendre ça au premier degré,

[Conférencier 1]

quoi. On peut entendre leurs inquiétudes, mais il faut aller se rapprocher,

[Conférencier 1]

comme tu l'as fait, de personnes extérieures qui peuvent nous faire aller

[Conférencier 2]

plus loin. Voilà, c'est ça. Je pense que c'est important de tracer son propre

[Conférencier 2]

parcours, faire ses propres expériences, que ça fonctionne, que ça ne fonctionne pas,

[Conférencier 2]

que ça ne fonctionne pas assez pour les autres. En réalité, je pense

[Conférencier 2]

que le plus important, c'est de s'épanouir et de trouver du sens dans ce qu'on essaie de faire.

[Conférencier 2]

Et si...

Pour d'autres personnes, ça a fonctionné,

[Conférencier 2]

en tout cas, ce qui me semble être le cas, alors pourquoi pas

[Conférencier 2]

pour moi ? C'est ce que je me dis.

[Conférencier 3]

Puis même, si toutefois, ça venait à ne pas marcher, ce qui n'est pas le cas, mais dans

[Conférencier 3]

la théorie, tu l'auras essayé, tu l'auras vu, tu l'auras su,

[Conférencier 2]

et tu n'auras pas le regret. Voilà, c'est ça. Exactement, je n'aurai pas le regret.

[Conférencier 2]

Je pense que c'est ça le plus important. Alors, il y a des phases, parfois, où on se dit

[Conférencier 2]

« Oh, ça ne marche plus trop bien, je ne comprends pas trop », alors c'est toujours subjectif, parce qu'en fait,

[Conférencier 2]

en réalité, quand on regarde, c'est tellement

[Conférencier 2]

complexe, les réseaux sociaux, que c'est une remise en question qui doit

[Conférencier 2]

être permanente, ce qui est parfois un petit peu épuisant, parce

[Conférencier 2]

qu'on a l'impression que, justement, derrière, on se donne, peu importe le résultat,

[Conférencier 2]

on y met du cœur, et parfois, ce n'est pas toujours

[Conférencier 2]

reçu comme il faut être, mais bon, ce n'est pas grave, c'est une nouvelle

[Conférencier 2]

occasion de mieux faire et d'apprendre, mais au moins, il n'y a pas le regret, comme tu dis.

[Conférencier 2]

Je pense que c'est ça qui est le plus important pour moi, c'est d'avoir vraiment de l'espoir,

[Conférencier 2]

de l'épanouissement, et trouver du sens dans ce que j'allais proposer, c'était primordial.

[Conférencier 1]

Et qu'est-ce qui te passionne le plus, justement, dans ton approche ?

[Conférencier 1]

Pourquoi est-ce que tu as choisi ou créé

[Conférencier 2]

cette voie ? Alors, justement, c'est

[Conférencier 2]

le fameux émerveillement. Je pense que ce qui me passionne le plus, c'est d'essayer

[Conférencier 2]

d'apporter cet émerveillement. Pour moi, c'est

[Conférencier 2]

un déclencheur, en fait, de connaissances. C'est un déclencheur de connaissances, parce que plus on est

[Conférencier 2]

curieux, et plus on a envie d'apprendre aussi, et plus on a

[Conférencier 2]

de raisons de protéger. Je pense que

[Conférencier 2]

tout ça, c'est très lié, et si on arrive

[Conférencier 2]

à venir déclencher un de ces moteurs-là,

[Conférencier 2]

on a tout gagné, finalement. Donc, moi, comme j'aime

[Conférencier 2]

dire, on protège mieux ce qu'on connaît et ce qu'on aime.

[Conférencier 3]

C'est ça. Donc, mon objectif,

[Conférencier 2]

c'est très simple, c'est de transmettre cette curiosité,

[Conférencier 2]

essayer de faire naître un sourire au travers d'anecdotes, au travers de...

[Conférencier 2]

d'infos scientifiques, un petit peu, parfois, barbares, de faire... de susciter une émotion,

[Conférencier 2]

en fait, qui ouvre la voie à une connaissance plus profonde sur une espèce

[Conférencier 2]

ou sur des principes qui peuvent me tenir à cœur.

[Conférencier 2]

Donc, je pense que c'est ça, ce qui me passionne le plus.

[Conférencier 2]

Cette transmission d'émotions avant la transmission de savoir.

[Conférencier 1]

Oui, c'est clair. J'ai rien à dire là-dessus, parce que tout est dit, quoi. Un savoir peut

[Conférencier 1]

être, justement, complété par de l'émotion,

[Conférencier 1]

et arriver à...

à, justement, utiliser l'émotion

[Conférencier 1]

comme vecteur de connaissances.

[Conférencier 2]

Oui, exactement. Et c'est ce qu'on...

[Conférencier 2]

Alors, sur les réseaux, l'émotion est vraiment au centre, parce que

[Conférencier 2]

quand on regarde cette histoire de... où il faut faire un hook de temps

[Conférencier 2]

de seconde, qui impacte et qui vient attirer l'intention,

[Conférencier 2]

on rentre dans une quête de sensationnalisme qui est assez, quand même,

[Conférencier 2]

parfois délicate et assez controversée, et je suis pas toujours très à l'aise avec ça,

[Conférencier 2]

mais je pense que le... le fond doit contenir aussi

[Conférencier 2]

une petite dose de curiosité suffisante, quand même. Le but, c'est pas de déformer

[Conférencier 2]

sur les trois premières secondes pour créer de la peur, pour créer... Alors, même si on peut

[Conférencier 2]

aussi jouer sur les émotions négatives, c'est aussi un vecteur,

[Conférencier 2]

mais je pense que, bon, parfois, les émotions dans les réseaux

[Conférencier 2]

sociaux sont parfois utilisées un petit peu à outrance,

[Conférencier 2]

au déclinement de l'information, justement. On peut trouver le juste milieu.

[Conférencier 1]

Ouais, ouais, là aussi, il y a un combat, enfin, un combat. On s'entend,

[Conférencier 1]

mais il y a quelque chose à faire pour ne pas

[Conférencier 1]

tomber dans cet excès, justement, de sensationnalisme.

[Conférencier 2]

Ah oui, c'est clair. Très américain.

[Conférencier 2]

Voilà, c'est ça. C'est gratuit,

[Conférencier 3]

voilà.

[Conférencier 4]

C'est en partie, vraiment, je pourrais pas dire que c'est ça, parce que c'est ce côté

[Conférencier 4]

très sensationnel, cette mécanique, en tout cas. C'est vrai que j'ai

[Conférencier 4]

souvent tendance à être un petit peu frustrée quand je développe mes sujets, parce que je sais qu'il faut

[Conférencier 4]

voilà, essayer, essayer au maximum

[Conférencier 4]

de respecter ces règles pour que la tension ne soit pas déjouée en quelques secondes

[Conférencier 4]

à peine. Parfois, c'est un peu fatiguant, je dois l'admettre, parce que j'ai envie de partager

[Conférencier 2]

avec plus de simplicité certains sujets, et

[Conférencier 2]

c'est pénible, parce qu'il y a ces codes,

[Conférencier 2]

en fait, qu'il ne faut quand même pas oublier quand on essaie de faire du format court, etc.

[Conférencier 2]

C'est pour ça qu'il faut vraiment que je m'en mette à mes formats longs, parce que c'est vrai que c'est aussi

[Conférencier 2]

moins frustrant, d'une certaine façon.

[Conférencier 3]

Sur YouTube, tu fais des formats longs, c'est ça ?

[Conférencier 2]

Oui, mais j'en ai fait très peu, parce que j'ai plein d'idées en tête, c'est je pense

[Conférencier 2]

le plus frustrant, mais c'est vrai que comme on disait tout à l'heure, toutes ces

[Conférencier 2]

compétences de montage, d'écriture, de tournage,

[Conférencier 2]

là j'ai investi récemment dans du matériel un petit peu

[Conférencier 2]

plus qualitatif, parce que j'avais un peu de difficultés, je filmais avec mon téléphone

[Conférencier 2]

jusqu'à encore très peu, et YouTube, je me retrouve avec une vidéo où je suis

[Conférencier 2]

toute blanche face lumière, et je me dis, c'est pas ce que je voulais,

[Conférencier 2]

puis vu qu'il y a un aspect un peu

[Conférencier 4]

de répercussion, qui est un peu pédique parfois, du coup je me dis

[Conférencier 4]

est-ce que je supprime ou est-ce que je ne supprime pas ? Oh non, parce que derrière, il y a 60 heures de montage !

[Conférencier 1]

Ouais, ouais, voilà.

[Conférencier 2]

Et en fait, c'est tout ça qui peut rendre un peu, parfois un peu frustrant,

[Conférencier 2]

mais je veux m'y remettre, parce que j'ai plein d'idées en tête, et c'est vrai que ça me permet

[Conférencier 2]

d'aller de manière beaucoup plus approfondie dans les sujets,

[Conférencier 3]

et ça peut

[Conférencier 2]

aussi permettre de se poser un petit peu et d'éviter d'avoir ce côté où il faut

[Conférencier 2]

ne pas perdre l'attention sur une vidéo très

[Conférencier 3]

très... Voilà, du coup, avoir un débit de parole aussi qui suit... Oui,

[Conférencier 2]

voilà, c'est plus posé.

[Conférencier 3]

Mais t'as répondu

[Conférencier 1]

à ma question, justement, parce que je me disais, est-ce que t'as pas

[Conférencier 1]

l'impression de trop t'adapter, justement, à des choses qui changent en permanence, parce que

[Conférencier 1]

les algorithmes, ils évoluent sans cesse, et du coup, de, voilà,

[Conférencier 1]

de passer une énergie folle, avoir un investissement

[Conférencier 1]

temporel, énergétique, pas à la hauteur de...

[Conférencier 1]

Tu vois ? Et t'as répondu un petit peu...

[Conférencier 4]

Oui, oui, oui. Ah non, mais c'est... Là-dessus, c'est compliqué. On s'en rend

[Conférencier 4]

pas forcément compte, mais c'est vrai que là-dessus, ça me provoque

[Conférencier 4]

parfois un petit peu... Enfin, beaucoup de questionnements, la nuit, notamment.

[Conférencier 4]

Parfois, la nuit, il y a un moment... Alors déjà, je dis malheureusement, mais c'est souvent

[Conférencier 4]

le moment où toutes les questions fusent. Donc, il faudrait plus que je fasse comme ça, alors plus

[Conférencier 4]

sur tel sujet. Et en fait, j'y pense beaucoup, parce que il faut s'adapter de façon

[Conférencier 4]

perpétuelle à ce fonctionnement, tout en essayant

[Conférencier 4]

d'optimiser le mieux, mais après, il faut se remettre en question, parce que même s'il y a

[Conférencier 4]

une dimension d'algorithme, je pense qu'une grande part vient de ce qu'on essaie de proposer.

[Conférencier 4]

Je veux essayer de rester authentique, mais on sait qu'en fait, c'est... Dans le

[Conférencier 4]

côté réseau social, on oublie souvent cette dimension sociale, justement.

[Conférencier 4]

Où c'est avant tout une connexion avec d'autres êtres humains. Et l'humain est très

[Conférencier 2]

oublié derrière un écran, et moi, je sais que ça me tient particulièrement à cœur d'essayer

[Conférencier 2]

au maximum de répondre, par exemple, aux demandes de messages. J'essaie,

[Conférencier 2]

et en même temps, je me sens très

[Conférencier 4]

vite surmenée, parce que parfois, j'en n'y arrive pas, et

[Conférencier 4]

je sais qu'il y a des personnes, ça fait plusieurs semaines à qui je n'ai pas répondu, et je me

[Conférencier 4]

le mets, je remonte, j'épargne au maximum pour celles qui sont les plus importantes.

[Conférencier 4]

Je sais que je les ai en tête, dans la journée,

[Conférencier 3]

je vais en répondre, par exemple,

[Conférencier 4]

une dizaine, et en fait, je sais que ces dizaines-là

[Conférencier 2]

vont répondre aussi.

[Conférencier 3]

Et c'est vrai que ça

[Conférencier 2]

me tient à cœur, parce que je pense que c'est super important de pouvoir aussi considérer l'humain qui est derrière

[Conférencier 2]

le téléphone, et qui nous apporte cette force de pouvoir continuer aussi,

[Conférencier 4]

de faire en sorte que notre message

[Conférencier 4]

parvient aussi à quelqu'un, et résonne auprès des personnes

[Conférencier 4]

qui le regardent. Mais c'est vrai que parfois, les codes

[Conférencier 4]

des réseaux sociaux peuvent être un petit peu fatigants quand on est derrière, et qu'on essaie

[Conférencier 4]

de faire en sorte que ça fonctionne, en fait.

[Conférencier 4]

C'est clair.

[Conférencier 3]

Surtout quand les messages sont nobles et d'une valeur

[Conférencier 3]

immense, quoi. C'est ça qui est dommage.

[Conférencier 4]

Oui, c'est vrai. Parfois, c'est... Alors, il y a

[Conférencier 4]

de tout, c'est certain, mais parfois on va avoir l'impression d'y avoir mis tout

[Conférencier 4]

notre cœur dans quelque chose, et que ça ne trouve pas la résonance qu'on souhaiterait,

[Conférencier 4]

mais... Bon, je me dis que ça n'est que partie remise.

[Conférencier 4]

C'est ce que je me dis, quand c'est comme ça. Ça fait un peu de peine sur le moment, puis après, on se dit, bon, ben, c'est pas grave.

[Conférencier 4]

C'est comme ça. J'ai dû ôter un endroit où

[Conférencier 4]

il faut que j'arrive à réussir à identifier les clés qui feront que la prochaine fois, ce sera

[Conférencier 4]

mieux.

[Conférencier 3]

Mais c'est pas évident. Ça m'amène

[Conférencier 4]

un peu l'esprit, parfois.

[Conférencier 3]

En tout cas, tu es d'une résilience sans pareil

[Conférencier 3]

à ce niveau-là. Ça nous montre bien que tu t'accroches et que tu lâches pas

[Conférencier 3]

ton truc. Que la passion est plus forte que les doutes.

[Conférencier 4]

C'est ça. Enfin, c'est pas toujours évident, mais

[Conférencier 4]

c'est ce que je me dis. Pour moi, j'aime me dire que

[Conférencier 4]

si on le fait avec cœur et authenticité, ça fonctionnera

[Conférencier 4]

tôt ou tard. Même si on le fait pour les bonnes raisons, c'est vrai que maintenant

[Conférencier 4]

avec le fait que les réseaux sociaux soient en partie

[Conférencier 4]

rémunérés, etc. Enfin, moi, je sais que, par exemple, sur mes réseaux,

[Conférencier 4]

les plateformes, je n'ai pas la monétisation au niveau suffisant pour avoir

[Conférencier 4]

la monétisation. Que ce soit sur TikTok, YouTube, Instagram, il n'y a pas.

[Conférencier 4]

Donc, je ne fais pas ça pour ça. Et si ça arrive,

[Conférencier 4]

ça serait mieux quand même. Il faut l'admettre. Je ne veux pas cracher dans la soupe.

[Conférencier 4]

Sur ce point de vue-là, pour développer quand même quelque chose comme ça,

[Conférencier 4]

c'est plus... que le bienvenu. Mais je ne fais pas ça

[Conférencier 4]

pour ça parce que je pense que c'est le meilleur moyen de se perdre à essayer d'aller dans une course

[Conférencier 4]

au vu. Enfin, j'entends parfois certains discours. En fait, ça

[Conférencier 2]

va au détriment de ce qu'on souhaite faire passer et au détriment de

[Conférencier 2]

l'information, de la rigueur qu'on va y apporter. Et je ne veux

[Conférencier 2]

absolument pas tomber là-dedans. Donc, je vais tenir bon

[Conférencier 1]

et puis... Je ne pense pas que tu tombes là-dedans vu ta personnalité, tes

[Conférencier 1]

valeurs, ton éthique. On a besoin de gens comme toi.

[Conférencier 4]

Je vais au mieux.

[Conférencier 1]

Quel serait ton conseil de la fin, Anaïs, pour celles et ceux qui souhaitent

[Conférencier 1]

se créer une vie et un métier sur mesure ?

[Conférencier 4]

Alors, pour moi, je pense que si je devais donner

[Conférencier 4]

un conseil à celles et ceux qui veulent se créer une vie sur

[Conférencier 4]

mesure, comme tu dis, je dirais que c'est écoute, sur un message de force

[Conférencier 4]

inspirée du vivant, diversifier ses essais, être

[Conférencier 4]

patient, comme avec les métamorphoses. Et toujours

[Conférencier 4]

garder son authenticité. Comme je dis, si on met du cœur dans tout

[Conférencier 4]

ce qu'on fait, ça se ressent. J'en suis persuadée. Et l'originalité

[Conférencier 2]

émergera forcément naturellement de notre personnalité.

[Conférencier 2]

Donc, les maîtres mots, je dirais patience, authenticité

[Conférencier 2]

et... patience,

[Conférencier 2]

authenticité, curiosité, toujours. Important.

[Conférencier 2]

Et mettre du cœur dans ce qu'on fait. Peu importe ce qu'on crée, c'est

[Conférencier 2]

ce qui fera une vie sur mesure.

À hauteur de l'épanouissement qu'on sentira

[Conférencier 2]

après.

[Conférencier 3]

Être authentique, vrai avec soi-même, quoi.

[Conférencier 2]

Exactement. Exactement. C'est joliment dit.

[Conférencier 2]

Alors, on arrive

[Conférencier 3]

petit à petit vers la fin de l'épisode. Ça aurait été

[Conférencier 3]

très rapide au final.

[Conférencier 1]

Et en même temps, on aurait pu tellement évoquer ouvrir des parenthèses,

[Conférencier 1]

des arborescences, créer de nouveaux réseaux de mycorhizes

[Conférencier 1]

et de synapses. Je pense qu'il y aurait de quoi encore.

[Conférencier 1]

Faire des centaines d'épisodes, évidemment. Mais tu as tout ton

[Conférencier 1]

travail de contenu qui est très, très fourni. Donc,

[Conférencier 3]

je te laisse aussi du contenu pour ça. Donc, tu le sais,

[Conférencier 1]

dans ce podcast, j'aime à dire que notre existence est déjà une chance, un miracle.

[Conférencier 1]

Alors, pour finir, en quoi est-ce que tu trouves, toi, personnellement,

[Conférencier 1]

notre existence phénoménale ?

[Conférencier 2]

Je trouve notre existence phénoménale par son

[Conférencier 2]

improbabilité. Notre capacité

[Conférencier 2]

fragile qu'il faut cultiver.

[Conférencier 2]

Notre capacité d'émerveillement où on est fait de la même matière que

[Conférencier 2]

les étoiles et pourtant, eh bien, on peut chuchoter

[Conférencier 2]

à une orchidée, attendre un lynx

[Conférencier 3]

patiemment ou alors écouter le son d'une forêt.

[Conférencier 3]

Et tout ça, je trouve ça énorme et à la fois

[Conférencier 3]

très simple. Et je pense que c'est ce qui fait notre existence phénoménale.

[Conférencier 3]

Hum... L'improbabilité, ce mot,

[Conférencier 3]

il a tiqué chez moi. Qu'est-ce que t'entends par ça ? Tu peux développer ?

[Conférencier 2]

Oui, alors, l'improbabilité, je dirais que c'est

[Conférencier 2]

qu'on est... Il y a autant de richesses chez l'humain

[Conférencier 2]

que de personnes sur Terre. Et je suis

[Conférencier 4]

persuadée que chacun

[Conférencier 4]

peut être improbable sur les sujets sur lesquels

[Conférencier 4]

on pêche le plus. Et je pense,

[Conférencier 4]

à mon avis, que cette improbabilité

[Conférencier 4]

peut nous réserver encore de belles choses et que, justement,

[Conférencier 4]

on n'est jamais à l'abri de surprises. C'est dans ce sens-là. Je pense qu'à mon avis,

[Conférencier 4]

on peut toujours... Alors, autant, on a de grandes capacités

[Conférencier 4]

pour faire des choses plus que discutables, mais je sais qu'il nous en reste encore énormément

[Conférencier 4]

pour pouvoir s'éveiller tous ensemble

[Conférencier 4]

et créer que du positif. En tout cas, je l'espère.

[Conférencier 4]

J'ai un petit peu une vision très puissante, l'homme, parfois.

[Conférencier 4]

Parfois, je le perds espoir. Et alors, d'autres fois,

[Conférencier 3]

c'est le monde des bisounours.

[Conférencier 4]

Et je pense qu'il y a toute cette notion d'improbable qui est

[Conférencier 4]

omniprésente chez les êtres humains parce que je pense

[Conférencier 4]

qu'on est toujours en capacité de surprendre.

[Conférencier 3]

C'est dans ce sens-là.

[Conférencier 1]

Oui. Mais je pense que t'es tiraillée entre

[Conférencier 1]

le monde des bisounours, comme tu dis, et la déception

[Conférencier 1]

parce que, justement, il y a les deux, en fait, tout simplement.

[Conférencier 4]

Oui. Ah oui.

Et on retrouve ce côté très improbable

[Conférencier 4]

dans tout ce que l'humain est à même de faire pour... Voilà.

[Conférencier 4]

Dans les choses plus discutables, ça, c'est certain.

[Conférencier 1]

Oui. Dans les extrêmes.

[Conférencier 4]

Les deux extrêmes. C'est...

[Conférencier 4]

C'est improbable. J'ai pas d'autres mots. Mais...

[Conférencier 4]

Mais c'est vrai que dans ce que je fais au quotidien,

[Conférencier 4]

c'est vrai que je suis confrontée... En essayant de sensibiliser,

[Conférencier 4]

parfois, on est confronté à des cruautés qui pourraient nous faire perdre espoir en humanité.

[Conférencier 4]

Et parfois, je me dis, ça y est, j'ai perdu espoir. Et en fait, le lendemain,

[Conférencier 4]

je me dis, ah non, c'est bon, on est reparti. Ça va bien se passer.

[Conférencier 4]

Et c'est un travail constant. Même moi, je sais que ça m'a permis

[Conférencier 4]

d'évoluer, d'avoir plus d'empathie, plus de patience,

[Conférencier 4]

plus de bienveillance. C'est un travail perpétuel. Et on peut parfois

[Conférencier 4]

se laisser sombrer dans une noirceur avec cette perte d'espoir en humanité.

[Conférencier 3]

Avoir un côté, parfois,

[Conférencier 4]

je parle parce que j'ai eu ce côté-là, mais un peu aigri, où on n'a plus envie d'accorder.

[Conférencier 4]

De patience ou d'intérêt à son prochain.

[Conférencier 4]

Et au final, on se rend compte que ce n'est pas non plus la solution de tomber là-dedans.

[Conférencier 4]

Parce que ce n'est pas ce qui nous tire vers le haut. Donc, non, ça c'est sûr.

[Conférencier 4]

Je pense qu'on peut continuer à essayer d'avoir de belles valeurs

[Conférencier 4]

et de s'entraider tous ensemble pour construire

[Conférencier 4]

quelque chose de mieux. Je suis persuadée.

[Conférencier 1]

Oui, oui, oui, je pense aussi. Il existe des individus comme toi,

[Conférencier 1]

comme nous, qui sont là encore.

[Conférencier 1]

Ils sont optimistes. De toute façon, le vivant,

[Conférencier 1]

tu ne vas pas me dire le contraire, le vivant trouvera toujours un moyen.

[Conférencier 1]

C'est juste l'humain qui est un peu remis en question.

[Conférencier 4]

Oui. L'humain, je pense qu'il faut bien

[Conférencier 4]

qu'on soit conscient que la vie a toujours été avant nous.

[Conférencier 4]

Elle a toujours réussi à se frayer un chemin et elle continuera avec ou sans nous.

[Conférencier 4]

C'est ce qui est beau aussi

[Conférencier 2]

et c'est ce qui nous remet en place.

[Conférencier 3]

Oui, exactement.

En tout cas, pendant encore 5 milliards d'années

[Conférencier 3]

parce qu'apparemment, c'est la durée de vie restante du soleil.

[Conférencier 4]

Oui, voilà. Après, on verra.

[Conférencier 4]

Ça aussi, à la fois, ça m'effraie et ça me fascine.

[Conférencier 3]

Oui, c'est ça. C'est vraiment un mélange de,

[Conférencier 3]

comme on dit en anglais, cet émerveillement qui fait peur.

[Conférencier 4]

Qui fait peur, exactement. Je le mets au même niveau que la mort, n'est-ce pas ?

[Conférencier 4]

C'est le même niveau. Ça me fascine et ça m'effraie.

[Conférencier 1]

Ça nous dépasse.

[Conférencier 4]

C'est exactement ça.

[Conférencier 1]

Alors, pour celles et ceux qui voudraient continuer à explorer avec toi,

[Conférencier 1]

qui ne te connaîtraient pas, qui ne te suivraient pas, où peut-on te trouver ?

[Conférencier 1]

Que proposes-tu ? Que vins-tu ? C'est ton moment publicité.

[Conférencier 4]

Alors, pour continuer l'exploration avec moi,

[Conférencier 4]

c'est Drôles de Biologie, donc sur tous les réseaux.

[Conférencier 4]

Instagram, TikTok, YouTube. YouTube, format un peu

[Conférencier 4]

plus long avec une catégorie science en moins de 10 minutes.

[Conférencier 4]

On reste sur des formats qui restent quand même un petit peu plus courts.

[Conférencier 4]

Pour rentrer dans le détail, mais sans non plus

[Conférencier 4]

avoir quelque chose d'indigeste. Et donc, sur les réseaux,

[Conférencier 4]

des petites capsules courtes, naturalistes et pas que,

[Conférencier 4]

autour des sciences et de la nature.

[Conférencier 4]

Et puis également, j'ai un livre, depuis peu,

[Conférencier 4]

qui s'appelle Les chroniques merveilleuses du vivant. Ce sont

[Conférencier 4]

50 anecdotes pour explorer la biologie qui s'inscrivent dans un ton

[Conférencier 4]

un peu rétro-naturaliste.

Et poétique.

[Conférencier 4]

Parce que j'aime beaucoup l'univers des cabinets de curiosité. Et je voulais essayer

[Conférencier 4]

d'emporter un peu de cet univers dans ce livre, au travers

[Conférencier 4]

d'anecdotes très variées dans les différents champs de la biologie.

[Conférencier 4]

Parce que j'aime beaucoup, en fait, montrer qu'il n'y a pas que la biologie.

[Conférencier 4]

On a souvent une perception assez arrêtée, alors qu'il y a des

[Conférencier 4]

champs, paléobiologie, exobiologie, biotechnologie,

[Conférencier 4]

et j'en passe. Donc, j'ai essayé de faire des anecdotes dans,

[Conférencier 4]

dis, champs de la biologie pour montrer la diversité

[Conférencier 4]

et essayer de démystifier un petit peu la biologie, pour montrer que c'est

[Conférencier 4]

un peu partout autour de nous. Donc, c'est dans ces petits

[Conférencier 4]

ouvrages et ces petites chroniques qu'on peut me retrouver.

[Conférencier 1]

Et où est-ce qu'on le trouve, ton livre ? On peut le trouver en magasin physique ou on le commande uniquement ?

[Conférencier 2]

Alors, c'est sur commande uniquement. C'est les éditions

[Conférencier 2]

d'Dashbook qui m'ont permis d'écrire ce livre. Donc, il y a eu

[Conférencier 4]

récemment une campagne de précommande.

Et à l'issue de cette

[Conférencier 4]

campagne, selon le nombre de précommandes, le livre a pu, donc,

[Conférencier 4]

passer la phase de projet à concret.

[Conférencier 4]

En fait, 150 précommandes permettaient l'impression du livre

[Conférencier 4]

et l'édition du livre. Et au-delà de 300, ça permettait de le

[Conférencier 4]

proposer en librairie. Malheureusement, on est un peu avant 300, donc

[Conférencier 4]

pour l'instant, pas en librairie. Bon, c'est pas arrêté, mais pour l'instant, du coup, il est uniquement

[1]

disponible sur le site de Dashbook.

[Conférencier 1]

Ok, d'accord. J'essaierai de mettre les liens, dans la description de l'épisode.

[Conférencier 1]

J'ai vu ton livre. Alors, je ne l'ai pas vu en vrai, parce que, justement,

[Conférencier 1]

je ne savais pas où l'acheter encore. Mais il a l'air magnifique. Un petit

[Conférencier 1]

livre format poche. Et, en effet, design, je ne sais pas

[Conférencier 1]

qui a illustré. C'est quelqu'un qui te suit ou une connaissance

[Conférencier 4]

à toi ? C'est justement,

[4]

en fait, Dashbook, il y a une équipe avec

[Conférencier 4]

des graphistes. Et donc, c'est Lisa qui s'occupe de

[Conférencier 4]

toute la partie illustration du livre. Donc, j'avais

[Conférencier 4]

insisté sur cet univers un peu rétro-naturaliste. Et

[Conférencier 4]

donc, elle fait ça à merveille. C'est chouette, parce qu'au final, il y avait le petit

[Conférencier 4]

extrait avec, je crois qu'il y avait cinq ou quatre

[Conférencier 4]

anecdotes que j'avais partagées sur les cinquante. Et les autres

[Conférencier 4]

sont tout aussi jolies. Sont tout aussi jolies. Donc,

[Conférencier 4]

c'est chouette. Merveilleux.

[Conférencier 1]

Bravo pour ce premier ouvrage. J'espère que tu en écriras d'autres, que

[Conférencier 1]

tu feras d'autres contenus.

Plus longs et

[Conférencier 1]

pour lesquels tu n'as pas besoin de te travestir, entre guillemets, pour

[Conférencier 1]

comment dire, plaire à un algorithme.

[Conférencier 1]

Je pense qu'à terme, ça peut être une idée.

[Conférencier 1]

Eh bien, écoute, je crois que nous arrivons au terme de cet épisode, même

[Conférencier 1]

si c'est difficile d'y mettre un terme, tellement c'était

[Conférencier 1]

intéressant et sympathique et jovial.

[Conférencier 1]

Merci d'avoir partagé avec nous ta vision, ta voix et ton

[Conférencier 1]

aimant. C'est un mot qui m'est cher aussi. Donc, je suis d'autant plus

[Conférencier 1]

contente de t'avoir reçu. Et je te souhaite un avenir radieux. Aussi radieux

[Conférencier 1]

que tu ne l'es.

[Conférencier 4]

Merci beaucoup. Merci beaucoup. Vraiment, merci

[Conférencier 4]

d'avoir accueilli dans ce podcast, ce tout premier podcast pour moi qui a été

[Conférencier 4]

enrichissant. Et on a pu échanger.

[Conférencier 4]

Effectivement, c'est compliqué de pouvoir s'arrêter et

[Conférencier 4]

ne pas partir trop loin dans ces réflexions qui,

[Conférencier 4]

qui sont d'une immense richesse. Mais merci infiniment pour ton

[Conférencier 4]

accueil. Et c'est une très belle première expérience qui me donne envie

[Conférencier 4]

de recommencer, bien évidemment. Sans plus tarder, c'était très, très, très chouette.

[Conférencier 1]

J'ai beaucoup aimé. Merci. Génial. Écoute, peut-être qu'on trouvera un autre sujet plus tard

[Conférencier 3]

dans quelques mois ou années. Explorer ensemble.

[Conférencier 3]

Avec un immense plaisir.

[Conférencier 1]

Merci à tous. Bonne écoute. Et à bientôt.

[Conférencier 1]

Merci d'avoir voyagé avec moi dans cet épisode.

[1]

de Phénoménale Existence.

[Conférencier 1]

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profond. Je propose des services parallèles et suis ouverte aux

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contribution qui vibre juste. Découvrez mon univers et toutes les

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